S’ils s’avèrent véridiques, les faits sont accablants. Jeudi soir, le site internet F1SA.com a publié une photocopie des aveux de l’ancien pilote Renault Nelson Piquet Jr où il explique avoir délibérément provoqué un accident lors du Grand Prix de Singapour 2008 pour favoriser la stratégie de son équipe. Cette affaire de triche, qui aurait été orchestrée par le bouillant Flavio Briatore, directeur du Team Renault, et Pat Symonds, directeur de l’ingénierie, pourrait avoir de graves conséquences.
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Tout d’abord pour l’écurie. Pour le moment, la Fédération internationale automobile (FIA) enquête et auditionne les acteurs de cette affaire, en premier lieu le pilote et ses patrons. Le team Renault, qui prépare sa défense et a porté plainte pour chantage aggravé contre son ancien pilote et son père, est convoqué le 21 septembre afin de s’expliquer devant la Commission de la FIA. Le conseil mondial devra alors juger si l’accusation de «Conspiration» est avérée et si l'article 151c du Code Sportif International a été bafoué. Si c’est le cas, Renault F1 pourrait payer une amende de plusieurs dizaines de millions d'euros (« pour avoir tenté une action préjudiciable aux intérêts de la compétition») et même être exclue de la Formule1.
Toute une entreprise touchée
Mais même si Renault F1 n’est pas exclue de la compétition, toute cette affaire ternit grandement l’image de la marque au losange. Et les chances de voir des voitures Renault sur les circuits la saison prochaine s’amenuisent au fur et à mesure que les langues se délient devant les enquêteurs. Le premier à l’envisager et à le redouter est bien sûr, Bernie Ecclestone, promoteur de la F1, qui a déjà perdu des constructeurs à cause de la crise. «Nous n'avons pas besoin de ça en ce moment, a-t-il déclaré dès les premières révélations, lors d’un entretien au Times. Il y a un danger qu'ils [Renault] quittent la compétition, de toute évidence. J'espère que cela ne sera pas le cas, mais c'est le genre de chose qui peut arriver.»
Comme de nombreux constructeurs, Renault doit faire face à la crise économique et cette affaire tombe au plus mauvais moment pour l’écurie. Financer une écurie coûte une centaine de millions d’euros par an. Un investissement rentabilisé en retombées médiatiques. Des retombées plus que négatives en ce moment pour Renault. Et Carlos Ghosn, le grand patron de la marque française, doit sérieusement réfléchir à la pérennité de son engagement en F1. «Déjà, en tant que PDG de Renault, vous n’êtes pas très enclin en ce moment à faire de la Formule1, alors quand vous vous retrouvez avec ce genre d’affaire sur les bras, ça n’arrange rien…», avait expliqué à 20minutes.fr, Jean-Louis Moncet, journaliste spécialiste de la Formule 1.
Et vous comment voyez-vous l'avenir de l'écurie Renault? Cette affaire peut-elle pousser Renault à abandonner la Formule 1?