REVUE DE PRESSE - Les quotidiens juge la fiscalité verte utile mais estiment que le dossier est mal géré...
Conquise par le principe d'une taxe carbone, la presse française la qualifie pourtant «d'usine à gaz» en raison de
la gestion du dossier par Nicolas Sarkozy. Elle s'inquiète d'un prix «trop bas» et de «l'opacité» des modalités de mise en application.
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«On y est enfin arrivé!», s'exclame Philippe Waucampt dans
Le Républicain lorrain. «Et, même si la taxe est appelée à augmenter au fil des ans - car c'est le destin de toute taxe, quand bien même elle se nomme "contribution" pour l'état civil - le point de départ est trop bas pour espérer voir la France atteindre l'objectif de réduire par quatre ses émissions de gaz à effet de serre d'ici le milieu du siècle», estime l'éditorialiste.
Historique
«Le taux est modéré? C’est sans doute la concession nécessaire pour faire accepter le nouveau prélèvement», lui répond Laurent Joffrin dans
Libération qui souligne également que «chacun doit savoir que ce montant est destiné à s’accroître inexorablement, seule manière de conduire le corps social à transformer son rapport à la consommation d’énergie».
«Plutôt que de jouer les grincheuses, la gauche devrait accompagner pour mieux l’orienter ce mouvement historique», lance-t-il avec ferveur.
A l'impossible, nul n'est tenu
«Le chef de l'Etat joue gros», estime Paul-Henri du Limbert dans
Le Figaro, car écrit-il, «si tout le monde est pour la fiscalité verte quant Nicolas Hulot en parle, tout le monde devient contre quand Nicolas Sarkozy se saisit du dossier».
Dans le
Courrier Picard, Didier Louis écrit: «Ne pas faire d'une idée populaire lorsqu'elle est lancée par la société civile, un sujet d'impopularité tel qu'il se transforme en boulet politique, type 35 heures ou bouclier fiscal... A l'impossible, nul n'est tenu, y compris Nicolas Sarkozy».
«Nicolas Sarkozy a seulement eu le tort de croire que le pays était prêt à franchir... le pacte. Erreur», affirme Jacques Camus dans la
République du Centre.
Après l'annonce du montant de la taxe carbone à 17 euros, la tonne, fixé par le chef de l'Etat, Jean-Marcel Bouguereau de
La République des Pyrénées souligne «un chiffre suffisamment bas pour susciter l'opposition des Verts, de Greenpeace et, sans aucun doute, de Nicolas Hulot qui, avec son "pacte écologique", était à l'origine de cette idée».
Opaque
Mais, explique Jean-Marcel Bouguereau, «les modalités de compensation sont suffisamment floues pour conforter la majorité des Français dans leur opposition à ce qu'ils identifient à un nouvel impôt. Conséquence: Nicolas Sarkozy est perdant sur les deux tableaux.»
Enfin, Denis Daumin constate dans
La Nouvelle République que cette taxe carbone est «opaque encore sur nombre de ses modalités», mais précise-t-il: «cette contribution demeure juste dans son principe».
«Au fond, poursuit-il, ce qui nous embarrasse dans cette affaire n'est-ce pas de voir s'effondrer et se carboniser le rêve d'un progrès continu, ou plutôt de sa caricature, la consommation sans fin. Un autre monde se dessine, décroissant, décrassé de nos excés, lavé à l'eau de nos rivières redevenues claires.» «Un paradis sur terre. Et comme tous les paradis, merveilleux et parfaitement déprimant» constate-t-il.
Avec agence