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« Dire que ça va mal, c'est risquer de faire baisser les prix et de déprimer le marché»

Une négociatrice immobilière (d) fait visiter une maison à un couple à la recherche d'un logement, le 09 novembre 2004 à Caen
Une négociatrice immobilière (d) fait visiter une maison à un couple à la recherche d'un logement, le 09 novembre 2004 à Caen/Mychele Daniau AFP

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IMMOBILIER - Les vrais chiffres mettent à mal l'optimisme des professionnels...

La chute des prix dans l'immobilier met à mal l'optimisme des professionnels. Interview de Henr Buzy-Cazaux, ex-délégué général de la Fnaim, président de l'Ecole supérieures des professions immobilières.

Vous avez été évincé de la Fédération nationale de l'immobilier (Fnaim) en juin dernier car vous n'étiez pas d'accord avec les chiffres qu'elle diffusait. Quels étaient les points de discorde ?

Mes adhérents méritaient qu'on leur dise dans quelle situation ils se trouvaient vraiment. J'étais indigné car ma fédération ne voulait pas parler de crise, c'était tabou. C'était surréaliste, car cette crise est grave, mais elle refuse toujours de l'admettre. En juillet, la Fnaim a encore communiqué sur une augmentation des prix. Je suis tombé de l'armoire.

Quelle est votre analyse de la situation ?

A Paris, la crise arrive avec neuf mois de retard car une capitale, plus attractive, résiste plus longtemps. C'était prévisible dès la fin de l'année dernière, mais nous n'avons rien dit. 2009 sera une année sacrifiée, et on peut s'attendre à un premier semestre 2010 sous le même signe. On aura eu deux années de baisse significative, d'environ 10 % intra-muros, ce qui devrait inciter les ménages à réinvestir, et relancer le marché.

Quel intérêt y aurait-il à minorer la baisse ?

Dire que ça va mal, c'est risquer de faire baisser davantage les prix, de déprimer le marché, car les acheteurs auront tendance à négocier davantage. Je pense aussi que certains observateurs de l'immobilier sont déconnectés avec la réalité, n'enquêtent pas sur le terrain pour avoir un retour concret des agences. Enfin, s'il y a crise, il faut présenter un plan pour la contrer. Pour moi, on est passés à côté du boulot.

Recueilli par Magali Gruet
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