Hortefeux: L'échiquier politique demande sa démission, Fillon lui assure sa «confiance»
Créé le 10.09.09 à 19h45
Mis à jour le 10.09.09 à 21h47
Le ministre de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité Nationale et du Codéveloppement, Brice Hortefeux, le 24 mai 2007 à Toulouse/Pascal Pavani AFP
POLITIQUE - «Que fait-il encore au gouvernement à cette heure-ci?», s'interroge Benoît Hamon...
Les propos polémiques de Brice Hortefeux lors de l’Université d’été des Jeunes Populaires à Seignosse le week-end dernier, révélés par une vidéo diffusée sur lemonde.fr font réagir sur l’échiquier politique. Le Premier ministre, invité du journal de TF1, a tenu à «redire à Brice Hortefeux toute [sa] confiance», évoquant une «campagne de dénigrement assez scandaleuse».
Benoît Hamon, le porte-parole du PS, estime en revanche que ces propos sont «honteux de la part d’un ministre de l’Intérieur.» Il s’insurge: «La question n'est même pas de savoir s'il faut ou pas qu'il démissionne du gouvernement, mais que fait-il encore au gouvernement à cette heure-ci? Le président de la République doit le démettre immédiatement».
«Si lui s'en tire après de tels propos, ce serait bien le comble»
Interrogé par Le Post, le préfet Paul Girot de Langlade, mis à la retraite anticipée à cause de propos considérés comme racistes, réagit: «Je ne suis pas surpris. C'est tout lui. M. Hortefeux s'est dévoilé. Les propos qu'il tient sont racistes, ça ne fait pas de doute. Quand je vois ce qu'il m'a fait pour bien moins que ça, j'attends de savoir ce qu'il va lui arriver.» L’ancien représentant de l’Etat dit désormais attendre «Que M. Hortefeux soit sanctionné comme je l'ai été. Il serait juste qu'il le soit, n'est-ce pas? Je n'irai pas jusqu'à demander sa démission, (...) mais si lui s'en tire après de tels propos, ce serait bien le comble.»
Revenant sur la mésaventure de Girot de Langlade, l'association Les Indivisibles, qui lutte contre les discriminations, réclame la «mise en retraite anticipée» du ministre. «L’actuel ministre de l’Intérieur s’est souvent illustré par des allégations empreintes de lourds préjugés. Puisque Brice Hortefeux n’ose pas proposer sa démission, nous Les Indivisibles réclamons, au nom de l’égalité, que tous les représentants de l’Etat soient traités de manière équivalente», écrivent-ils.
«Le caniveau de la pensée lepéniste»
«Aujourd'hui, la dignité du pouvoir en place s'ébroue encore un peu plus dans le caniveau de sa pensée lepéniste. On sait dorénavant ce que M. Hortefeux a dans le ventre. Et ça ne sent pas bon», écrit dans un communiqué Djamila Sonzogni, porte-parole du parti écologiste. De même, Olivier Besancenot, porte-parole du NPA, a demandé la démission du ministre, voyant dans ses propos un «relan incontrôlé d'une des blagues préférées qui circulent dans les couloirs de son ancien ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale».
De son côté, Jean-Luc Mélenchon, du Parti de gauche, conseille à Brice Hortefeux de «changer de poste». Pour lui, «c'est clair, quand on trouve que c'est une boutade rigolote de dire que quand il y a trop d'Arabes, ça ne va pas... surtout quand on parle à un jeune Français».
Timing inopportun
Mouloud Aounit, président du MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples),
demande des excuses, sur le site du
NouvelObs. «Il invoque l'humour pour expliquer son geste, mais c'est de l'humour à la Le Pen. Il a besoin d'un Arabe de service, un seul, pas plus. Pour ce qui est de ce qu'il doit faire, en l'état, il doit reconnaître qu'il a commis une faute et qu'il exprime des excuses publiques, et non contourner le problème.»
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O.R.