Union de façade au Conseil de la création artistique

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Publié le 10 septembre 2009.

CULTURE - L'instance a fait un point d'étape pour présenter ses projets et répondre à ses opposants qui l'accusent de cannibaliser le ministère de la Culture...

La conférence de presse très discrète du Conseil de la création artistique n’a pas échappé à ses détracteurs. Jeudi matin, une vingtaine de militants de la CGT spectacle ont de nouveau réclamé «la suppression» de l’instance, perçue comme «une officine privée sous contrôle du Président de la République qui nierait le rôle et les missions du ministère de la Culture».
 
«Synergie»
 
Des craintes vite balayées par le ministre de la Culture lui-même. Frédéric Mitterrand est en effet apparu à la droite de Marin Karmitz, délégué général du Conseil de la création, lors de la présentation des projets de l’instance à la presse, au musée du quai Branly. C’est sur un ton aimable et respectueux que le ministre de la Culture et de la Communication a vanté les qualités «remarquables» de Marin Karmitz. Une façon de taire les rumeurs de compétition entre les deux instances. «Je vis très bien le Conseil de la création car il m’apporte une réflexion, a ajouté le ministre. Je le vois comme une Drac (Direction Régionale des Affaires Culturelles, ndlr).»
 
«Toute tentative d’essayer de nous opposer est vaine, a renchéri Marin Karmitz, allusion à peine volée aux demandes de suppression du Conseil de la part de la CGT spectacle et du Syndeac notamment. Nous ne sommes pas là pour détruire le ministère mais pour l’enrichir». Message reçu puisque Frédéric Mitterrand a applaudi la mission du Conseil de la création, estimant qu’il «était une source d'enrichissement très forte» pour le ministère qui peut «l'utiliser comme une boîte à outils». «J’y vois la possibilité de très grandes synergie avec nombre de projets que je compte impulser dans les prochaines semaines», a-t-il affirmé.
 
Pas question de s’effacer devant Karmitz
 
Et pour insister sur les soutiens que compte le Conseil de la création, Marin Karmitz et Frédéric Mitterrand ont salué Fadela Amara (membre du gouvernement, secrétaire d'Etat à la ville), Christophe Girard (élu PS, adjoint de Bertrand Delanoë en charge de la Culture) et Patrick Braouezec (député PC et président de la communauté d'agglomération Plaine Commune), qui assistaient à la conférence. Si chacun à son niveau collabore avec le Conseil de la création, pas question pour autant de s’effacer devant Karmitz. Christophe Girard, qui avait violemment dénigré le Conseil de la création artistique, le comparant à «une machine à lubrifier qui a marché sur Marin Karmitz», a-t-il changé d’avis? Au premier rang des invités, il a tenu à «faire part de quelques suggestions de façon sympathique». L’élu, qui a tiqué lorsque le Conseil de la création a annoncé vouloir refaire de Paris une «capitale mondiale de l’art», s’est appliqué à énumérer les nouveaux sites culturels parisiens qui allaient ouvrir prochainement.
 
Occupé à jouer aux mots fléchés durant une partie de la conférence, le député PC Patrick Braouezec est également monté au créneau pour y aller de son petit mot sur le projet de développement culturel au nord de la capitale, baptisé «Paris-périphérie». Le Conseil, qui n’a pas de budget propre et cherche des sources de financement publics et privés, a fait le dos rond auprès des élus locaux, quelle que soit leur étiquette politique, dans l’espoir de faire aboutir ses projets.

Sa. C.
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