Après les récoltes, la révolte

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Publié le 8 septembre 2009.

Une affaire d'esclavage moderne dans les vignes girondines. Hier, une quinzaine d'exploitants agricoles comparaissaient devant le tribunal correctionnel de Bordeaux. Viticulteurs pour la plupart, ils avaient tous fait appel à la société Agriganda, qui leur avait fourni de la main-d'oeuvre bon marché entre janvier et mars 2003. La grande majorité de ces travailleurs saisonniers étaient originaires de la région de Casablanca.

La société mise en cause leur avait promis « un bon travail, logé, nourri et bien payé », rapporte Abdelatif Azirar, l'un des six Marocains qui se sont constitué partie civile. « Mais une fois sur place, c'était tout le contraire. » Le créateur de la société Agriganda, un Belge du nom de Van Lierde - principal prévenu mais absent à l'audience -, fournissait effectivement un hébergement. Mais la description lue par le président du tribunal donne la chair de poule : « Une ancienne étable à bovins, équipée d'une gazinière alimentée par une bouteille de propane, ce qui est interdit dans une habitation, leurs vêtements accrochés à une corde fixée au mur et pas de chauffage. » Les vingt-deux salariés qui ont connu ce triste sort devaient néanmoins s'acquitter d'un loyer de 80 euros par mois, pour un salaire horaire net de 5,49 euros. Quand ils le touchaient... « M. Van Lierde nous donnait seulement des acomptes de 50 euros pour qu'on s'achète à manger », raconte un autre travailleur. Les employeurs, eux, assurent qu'ils ignoraient ce qui se tramait en coulisses. « On connaissait M. Van Lierde, il avait travaillé comme saisonnier dans une exploitation voisine de très bonne réputation et il nous inspirait confiance », a expliqué une viticultrice ayant fait appel à ses services. W

à Bordeaux, Marion Guillot
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