Faute de moyens, du côté du Centre d'information jeunesse Alsace (Cija), on ne se fait plus vraiment d'illusions. Sur les vitres du siège de leur association, rue des Ecrivains, comme sur leur site Internet, ses membres étalent depuis plusieurs semaines la chronique d'une mort annoncée. « Par décision du tribunal de grande instance, le Cija a été placé en redressement judiciaire le 20 juillet dernier, expliquent-ils. N'ayant pas trouvé de nouveaux financements, la liquidation du centre, avec effet immédiat, sera prononcée le 7 septembre », c'est-à-dire aujourd'hui. Fondée en 1976, l'association a pour mission de « favoriser l'autonomie » des 10-30 ans en mettant à leur disposition des fonds documentaires sur, notamment, l'enseignement, l'orientation, le logement et les loisirs.
Nommé en juillet, un administrateur judiciaire devrait rendre ce matin son avis sur la viabilité du Cija devant le tribunal de grande instance de Strasbourg. « Il devrait tirer la conclusion que le centre n'a pas les ressources financières nécessaires pour continuer et donc, que sa liquidation judiciaire totale doit être ordonnée, déplore Jean-Luc Kaneb, président du Cija. En cause, selon lui, des subventions qui stagnent, quand elles ne baissent pas, et « des charges qui augmentent ». Résultat, l'association souffre d'un passif s'élevant à environ 170 000 euros et aurait besoin d'au moins 30 000 euros rien que pour finir l'année. « Certainement que le passif a découragé les collectivités territoriales de nous aider, estime Jean-Luc Kaneb. Le Cija est une chose mais, pour sauver l'information jeunesse dans la région et pour qu'un nouveau centre prenne le relais, il faut vraiment qu'il y ait un intérêt commun des collectivités. Les jeunes trouvent ici toutes les informations qu'ils souhaitent. La fermeture du centre va leur poser un problème d'identification des structures et les retarder dans leurs recherches. » La liquidation du Cija aura également des répercussions sur la vingtaine de structures indépendantes qu'il chapeaute en Alsace et approvisionne en outils d'information régionaux. Sa disparition les condamnerait à ne plus pouvoir proposer - ou presque - que des documents nationaux à leurs visiteurs. Elle serait, en outre, une perte importante pour le tissu associatif local, dont le centre assure la promotion. W