Un petit pas à gauche, mais un grand pas pour le MoDem. François Bayrou a fait, hier, « une offre public de dialogue » à l'opposition en clôture de l'université de son parti à La Grande-Motte (Hérault). « Le dialogue, c'est accepter de ne pas être d'accord avec les autres pourvu qu'on ne perde pas de vue le but à atteindre. » Et le but est clair : Il s'agit de proposer une alternative crédible à Nicolas Sarkozy dès la présidentielle de 2012. Pour y parvenir, le président du MoDem pense même réunir un « Parlement de l'alternance » où les idées de l'opposition seront débattues.
De là à participer à des primaires à gauche, il y a un autre pas que le MoDem n'est pas prêt à franchir. « En cas de désaccord entre nous, les Français trancheront, a asséné François Bayrou. C'est à ça que sert le premier tour des grandes élections. »
D'accord pour discuter, donc. Mais pas pour se renier. A Martine Aubry qui lui réclamait, la semaine dernière, de prouver qu'il était de gauche, le président du MoDem a ainsi rétorqué qu'il « n'avait aucune preuve à faire ». Dans son discours de plus d'une heure, il n'a jamais prononcé les mots de centre-gauche mais toujours de « centre progressiste ». La frontière est ténue. Mais suffisante pour ennuyer la première secrétaire du PS, qui a réclamé des « clarifications ». Contactée hier, elle a précisé qu'elle répondrait à François Bayrou dans le courant de la semaine. « Il n'y aura pas trop de deux ans pour construire une alternative pour le pays », a conclu le président centriste. A condition de s'y mettre dès maintenant. W