Trois mois qu'il n'avait pas pipé mot. Ni sur Sarko. Ni à Ségo. A la veille de l'université d'été du MoDem, prévue ce week-end à La Grande-Motte (Hérault), François Bayrou a recouvré la parole. « Au sortir de cette université, je pense que les gens comprendront, en tout cas, c'est mon but », a-t-il simplement déclaré à l'Agence France-Presse. La voix du président est revenue. La voie que son parti empruntera ne sera, elle, connue que dimanche soir.
Il y a deux semaines, Marielle de Sarnez mettait la barre à gauche à Marseille, lors d'une rencontre avec Vincent Peillon et des militants socialistes. Depuis, la vice-présidente du MoDem navigue entre deux eaux. Elle refuse que son parti prenne part aux primaires en vue de la présidentielle, est tentée par l'autonomie aux régionales, mais veut rester capable de s'ouvrir à ceux qui font « bouger les lignes » (lire l'interview ci-contre).
Le problème, c'est que tout le monde n'est pas de cet avis. Notamment l'eurodéputé Jean-Luc Benhamias (ex-Verts), qui est aussi sorti de sa réserve hier : « J'attends que le MoDem confirme qu'il est partie intégrante de la construction d'une alternative politique crédible, sans faire partie de la gauche ! » Avant de penser à s'allier à d'autres formations, la première tâche de François Bayrou sera surtout de mettre tous ses adhérents d'accord sur une position centrale. Il a trois jours pour le faire. W