FOOTBALL - Ceux qui ont vécu un certain-France-Bulgarie 93 savent de quoi ils parlent...
Bizarrement, le contexte est exactement le même qu'il y a seinze ans. Même s'ils refusent de jouer «pour ne pas perdre», les Bleus n'ont besoin que d'un nul mercredi soir face à
l'Irlande pour remplir leur contrat.
«L’Amérique» de Joe Dassin ne résonnera pas au Stade de France et personne ne considère que la qualification pour le Mondial sud-africain est acquise. Seulement
la conséquence d’une contre-performance face aux coéquipiers de Robbie Keane pourrait bien être la même que celle du sinistre
France–Bulgarie d’automne 1993. Un été à la maison.
«Une telle désillusion peut ruiner une carrière en bleu, lâche Vincent Guérin, présent sur la pelouse du Parc il y a seize ans. Ça coupe une route. C’était surtout un grand gâchis, parce qu’on avait une génération promise à un très bel avenir en Coupe du monde.» Comme la plupart de ses coéquipiers, l’ancien milieu de terrain du PSG n’a donc jamais disputé la plus prestigieuses des compétitions. «On ne l’a jamais digéré, poursuit Alain Roche. Louper une Coupe du monde, c’est quelque chose de terrible dans une carrière. Surtout quand on n'en joue pas une autre derrière.»
Au pied du mur
Malgré l’évocation de ces souvenirs nauséeux, les deux anciens restent confiants pour l’avenir des Bleus. «Nous, on avait pris le match à la légère, parce qu’on était déjà qualifiés dans nos têtes, se souvient Guérin. Il vaut mieux jouer pour gagner que pour ne pas perdre. Au moins, on ne gamberge pas.»
R.S.