PORTRAIT - Le tout nouveau président du Gabon n'a jamais vraiment été adoubé par son puissant père...
Il ne sera plus seulement connu comme le fils de. Ali Ben Bongo, le fils aîné du défunt Omar Bongo,
vient d’être élu président du Gabon. Un couronnement à 50 ans pour un héritier qui n’a jamais vraiment été adoubé par son puissant père.
Ali Bongo, né Alain-Bernard Bongo en 1959 à Brazzaville, a fait ses études en France. Il connaît une jeunesse dorée, fait des études de droit à la Sorbonne, à Paris, avant de revenir au Gabon.
Converti à l'islam
Son père gouverne le pays depuis 1967, mais ce n’est qu’en 1982 qu’Omar Bongo décide de faire entrer son fils en politique, en le nommant au cabinet présidentiel. Dans la foulée, Alain-Bernard Bongo se convertit à l’islam, comme son père l’avait fait en 1973, et devient Ali Ben Bongo. Il s’inscrit au Parti démocratique du Gabon (PDG), et commence à se faire un prénom, à l’ombre de son père. Pendant huit ans, il oeuvre au sein du parti et milite même pour le multipartisme, alors que le PDG règne en maître sur le Gabon.
En 1989, le pays connaît de graves troubles et la France intervient pour ramener l’ordre. Alors que d’autres voix politiques commencent à se faire entendre, et que le multipartisme commence à s’installer, Omar Bongo décide de faire avancer un peu plus la carrière de son fils en le nommant ministre des Affaires étrangères. Mais le parachutage ne passe pas, et des cadres du PDG font voter une loi instaurant l’âge minimum des ministres à 35 ans. Ali Bongo n’a que 30 ans et se voit contraint à la démission.
Propriétaire d'un appartement avenue Foch
Ce n’est qu’en 1999 qu’il entrera à nouveau dans le gouvernement de son père, cette fois en tant que ministre de la Défense. Une poste qu’il occupera jusqu’à la mort d'Omar Bongo en juin dernier. Pendant dix ans, Ali Bongo fait son trou, occupe le terrain, mais reste relativement discret. Son nom apparaît dans les journaux français dans les enquêtes sur les nombreux biens que le clan Bongo possède à l’étranger. Ali Bongo serait en effet propriétaire d’un appartement avenue Foch, à Paris, et de deux Ferrari.
Sur la scène politique «Baby Zeus», comme il est surnommé, sait jouer de ses réseaux et de ceux de son père pour écarter ses rivaux.
Un homme qui se tient loin du peuple
Mais pour les Gabonais, il a surtout l’image d’un homme qui se tient loin du peuple. Pire, certains le perçoivent même comme un étranger: sa jeunesse en France et sa maîtrise parfaite du français ne jouent pas en sa faveur, d’autant qu’il ne parle pas les langues locales de son pays.
De sa vie privée, on sait juste qu’il a divorcé d’une Américaine, Inge Collins, et qu’il est, depuis 2000, marié à Sylvie Valentin, la fille d’un assureur français vivant à Libreville.
Sophie Cois