INTERVIEW - Interview de la co-auteur avec Pierre Guyot de «L'école vide son sac» (éditions du Moment)....
Près de douze millions d'élèves, de la maternelle à la terminale, vont déferler mercredi dans les salles de classe du pays. Si l'immense majorité va réussir son année, 150.000 jeunes risquent de sortir du système.
Vous publiez une enquête sur les dysfonctionnements de l'école française. Profs déprimés, élèves stressés, ministres vite éjectés, pourquoi le mammouth va t-il si mal?
Notre propos n'est pas de dire que l'école va de mal en pis et se trouve dans une situation catastrophique, mais de chercher à comprendre quels sont les blocages de cette grosse machine. Chacun des 150 intervenants rencontrés a un morceau de solution à apporter, mais personne ne se remet véritablement en cause.
L'école souffre-t-elle de trop de réformes?
Elle souffre plutôt de micro dysfonctionnements structurels, qui s'accumulent. Il faut savoir qu'un enfant passe en moyenne 15 ans à l'école, un prof 40 ans et
un ministre... un an et demi à deux ans. Il n'a le temps que de mettre des bouts de sparadrap sur les maux de l'école.
Comment sortir de cette impasse?
Il faudrait un Grenelle de la rue de Grenelle. L'école est conçue pour recruter les élites alors qu'elle rêve d'égalité des chances. Résultat, elle ne repère pas les enfants en situation d'échec. Et puis l'école n'est pas assez connectée à la société, qui a évolué très vite. Nos élèves sont ceux qui s'ennuient le plus au monde ! Il faut sortir du rapport de force et repenser l'ensemble du système.
>> Retrouvez mercredi sur 20minutes.fr les auteurs pour un chat >>
Recueilli par Laure de Charette
Chiffres
L'Education nationale est dotée en 2009 d'un budget de 59,9 milliards d'euros. 66 000 établissements scolaires rouvrent leurs portes aujourd'hui. Dans 200 lycées ciblés, un dispositif expérimental de réussite scolaire va être mis en place avec un accompagnement des élèves les plus fragiles tout au long de l'année.