POLITIQUE - La question est dans l'air, mais le calendrier toujours aussi flou...
Il en est beaucoup question depuis quelques jours. Le non-cumul des mandats est revenu sur le devant de la scène politique avec la
proposition de Martine Aubry de consulter les militants à ce sujet dès le 1er octobre.
Hortefeux, Pécresse, Bachelot et Darcos peut-être concernés
Lundi, Xavier Bertrand, secrétaire général de l'UMP, prend la balle au bond. Il souhaite que les ministres élus présidents de région aux élections régionales de mars prochain quittent le gouvernement. «C'est une question de respect des électeurs et c'est aussi une façon de se consacrer pleinement à cette fonction», explique-t-il sur
Europe1.
Dans le viseur, Valérie Pécresse, la ministre de l'Enseignement, Roselyne Bachelot, à la Santé et Xavier Darcos, au Travail, qui seront vraisemblablement candidats aux régionales. Brice Hortefeux, souvent cité comme possible chef de file UMP en Auvergne, sans être officiellement investi, a de son côté indiqué qu'il respecterait cette règle le cas échéant.
La proposition ravit en tout cas Benjamin Lancar, le président des Jeunes Populaires. Dans leurs «
24 propositions» établies à l'issue de la Grande convention sur la Citoyenneté des Jeunes en juillet dernier, les Jeunes Populaires proposaient une «vraie limitation du cumul des mandats». Non seulement dans l'espace, mais aussi dans le temps.
Un moyen de «remettre les jeunes dans la vie politique»
S'appuyant sur les chiffres de l'abstention aux élections européennes, Benjamin Lancar, joint par 20minutes.fr, estime que c'est là le «seul moyen de remettre les jeunes dans la vie politique française». Si le mandat unique était mis en place, «la moyenne d'âge des élus baisserait de 10 à 20 ans» et il y aurait «20 à 30% de femmes en plus», estime-t-il, s'appuyant sur des statistiques établies à partir des suppléants actuels.
Se pose toutefois le problème du calendrier. Pour Martine Aubry, il «est trop tard» pour les régionales de 2010.
Ce que regrette Ségolène Royal qui a déclaré jeudi sur
RTL: «C'est embêtant toujours ce grand écart entre les discours et les actes, ça fait des années qu'on fait applaudir les militants sur le non cumul des mandats donc à un moment il va bien falloir passer à l'acte parce que sinon quelle est la crédibilité de la parole politique».
E. L.