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Franck Montagny: «Un accident volontaire en F1? C'est de la science-fiction»

Le pilote Renault Nelson Piquet (au premier plan), suivi par son coéquipier Fernando Alonso lors du Grand Prix de Singapour, le 27 septembre 2008
Le pilote Renault Nelson Piquet (au premier plan), suivi par son coéquipier Fernando Alonso lors du Grand Prix de Singapour, le 27 septembre 2008/T.Wimborne/REUTERS

INTERVIEW - L'ancien pilote Renault ne croit pas une seconde que Flavio Briatore ait demandé à Nelson Piquet de frapper un mur volontairement...

Depuis plus d’un an, la fédération internationale (FIA) reconnaît avoir des doutes sur l’accident de Nelson Piquet lors du Grand Prix de Singapour. Elle a récemment ouvert une enquête pour déterminer les circonstances de cette mystérieuse sortie de piste. Le pilote Renault, licencié par l’écurie le 5 août dernier, pourrait avoir obéi à des instructions pour favoriser son coéquipier Fernando Alonso. La théorie du crash volontaire semble pourtant absurde pour Franck Montagny, ancien pilote essayeur chez Renault. Actuellement engagé en Indy Car, aux Etats-Unis et récent deuxième des 24 heures du Mans au volant d’une Peugeot, il confie son scepticisme à 20minutes.fr…

Selon vous, peut-on imaginer qu’une écurie demande à son propre pilote de s’encastrer volontairement dans un mur?

Honnêtement, je n’y crois pas du tout. Déjà, quand un patron d’écurie demande de laisser passer, ça énerve. On sent vite quelque chose qui monte dans la gorge. Mais alors, là… Faire exprès d’avoir un accident, c’est vraiment une autre étape. En plus il faut arriver à casser la voiture de façon à ce qu’elle ne reparte pas. Et sans prendre trop de risque par ce qu’en général, on ne conduit pas une auto pour se blesser. Non, sincèrement, je n’y crois pas du tout.


C’est la violence du choc qui vous fait dire cela?

On le voit, il se met une belle cartouche quand même… En F1, on ne part pas en tête à queue pour foncer dans un mur comme ça. C’est impossible. Même si vous voulez mettre un coup de volant, vous ne le mettez pas. C’est comme quand on veut se casser un doigt pour ne pas aller à l’école quand on est gamin. Le corps ne réagit pas comme on le veut.


Selon vous, c’est donc un accident involontaire…

Oui. Quand vous êtes entre deux murs, que vous roulez de nuit avec une voiture qui ne vous convient pas - parce que je pense que c’était le cas de Nelson à l’époque - vous pouvez partir à la faute. Mais y aller volontairement, c’est de la science-fiction.


Vous n’imaginez pas Flavio Briatore donner une telle consigne à son pilote…

Mais même pas en rêve. Personne ne peut donner de telles consignes. Je n’ai jamais entendu quoi que ce soit de ce genre en Formule1.


Et dans d’autres catégories de courses automobiles?

Je l’ai vu une fois en DTM. Parce que c’est vrai que dans cette catégorie, on planifie beaucoup plus. Mais ce n'est pas pareil, il n'y a qu'un seul constructeur, Audi. On entend parfois «Mets lui un coup dans le pare-choc pour l’empêcher de gagner». Mais là, on est en Formule 1. Ce n’est pas pareil. On n’a pas le temps de planifier ce genre de choses. Ce serait un travail de dingue. Et puis on bosse avec des gens qui font tout pour que vous gagniez. On vous prépare la meilleure auto. Il y a les télés, énormément de monde… Non, ce serait un truc de fou.

L’enquête est relancée quelques semaines après le licenciement de Piquet. Vous y voyez un lien?

Honnêtement je n’en sais rien du tout. Je n’ai pas d’avis sur la question. Ce qui est sûr, c’est que la F1 vit des moments très difficiles. Il y a des tensions entre certains teams qui annoncent leur retrait du championnat d’autres qui ne sont pas sûrs de continuer. Ce n’est clairement pas une bonne année pour la F1.
Propos recueillis par Romain Scotto
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