Une réunion avec les associations, hier. Une autre avec Nicolas Sarkozy ce matin. Et une petite mise au point avec les responsables départementaux de la police demain. L'agenda de rentrée de Brice Hortefeux est déjà bien chargé. Au programme, une seule matière : la reprise du dialogue entre les jeunes et la police. Avec, en option, la baisse des chiffres de la délinquance. Un mois après la mort d'un jeune à Bagnolet (Seine-Saint-Denis) qui tentait d'échapper à un contrôle de police, le ministre de l'Intérieur sait qu'il a du pain sur la planche.
« Il y a un an, on était au plan "Espoir banlieues" de Fadela Amara, se souvient Almamy Kanoute. On y est allés. On attend toujours. Alors cette fois, on verra... » Educateur à Fresnes (Val-de-Marne), Almamy s'est pointé en short au ministère, hier. Histoire de rappeler qu'en banlieue, les clichés ont toujours la vie dure. « Quand un jeune sort en costard, tout va bien. Mais s'il porte une casquette, il est systématiquement contrôlé », assure-t-il. Porte-parole de l'Union syndicale majoritaire (USM) dans la police, Yannick Danio reconnaît que le tout répressif a ses limites. « Mais quand les collègues arrivent à La Courneuve (93) face à des mecs armés de kalachnikovs, je ne vois pas quelle prévention on peut faire ! » Lui pense qu'il faut d'abord « faire le ménage parmi les bandes criminelles ». Almamy que « la fumée est parfois le seul moyen d'être écouté... » Pendant plus de deux heures, Brice Hortefeux a donc entendu ces témoignages, salué la reprise du dialogue et mis en place cinq groupes de travail sur le sujet. « On ne va pas se voiler la face. Il faut qu'on progresse », assure-t-il. W