Ce mardi, 870.000 enseignants font leur rentrée et mercredi, près de douze millions d'élèves vont débarquer sur les bancs de l'école, autant de cibles idéales pour un virus affamé. Le ministère de l'Education a eu beau présenter dès la mi-août son plan contre la grippe A, des voix inquiètes s'élèvent. Si des consignes ont été envoyées aux recteurs et aux chefs d'établissement, l'Association nationale des directrices et directeurs d'école publique a jugé ce week-end encore flou le rôle confié aux directeurs : «Aucune formation, peu d'informations, pas de matériels spécifiques.» A leurs yeux, «l'école n'est pas prête».
La fermeture envisagée des établissements scolaires est loin de faire consensus. Le ministère estime que renvoyer les élèves chez eux peut limiter la contagion. L'Union européenne, qui jugeait la mesure inutile, s'est finalement ralliée récemment à cette option. Mais en Nouvelle-Calédonie, où le problème se pose, la plupart des écoles, fermées un temps, ont rouvert devant la désorganisation du tissu économique.
En cas d'épidémie importante, les antennes publiques de France Culture et de France Télévisions pourraient être réquisitionnées. Des cours, stockés depuis 2006 en pleine menace de grippe aviaire, pourront être diffusés à raison de cinq à six heures par jour, quatre fois par semaine durant trois mois, pour les élèves du CP à la terminale. Et des leçons seront consultables sur le site www.academie-en-ligne.fr. Mais les enseignants doutent déjà que la «continuité pédagogique» promise soit assurée.