SOCIAL - Selon le Haut commissariat aux solidarités actives, 286.000 travailleurs modestes ont perçu le revenu de solidarité active. «Une montée en charge en douceur», mais qui ne donne lieu à aucune inquiétude...
Quelques 815.000 dossiers de demandes de
RSA ont été déposés à la fin du mois d’août. Le Haut Commissariat a tenu à avancer ce chiffre après la publication dans
La Tribune d’un
article faisant état de «débuts laborieux» pour le Revenu de solidarité active. Le quotidien économique évoque 195.000 versements début août. Un chiffre contesté par le Haut Commissariat qui parle de «286.000 prestations (…) versées à des personnes en activité».
Trois types de personnes peuvent toucher le
RSA. Les anciens bénéficiaires du RMI ou les anciens titulaires de l'allocation de parent isolé (API) la reçoivent automatiquement depuis le 1er juin. Cela concerne 1,3 millions de foyers. Les travailleurs modestes peuvent également toucher le RSA. Il s’agit des personnes exerçant ou reprenant une activité professionnelle, mais aux revenus modestes.
Des dossiers «un peu complexes»
Cette dernière catégorie de personnes doit déposer un dossier, qui est ensuite instruit. Si les conditions sont remplies, la personne concernée peut toucher le RSA à compter du mois suivant. D’autre part, seuls les dossiers déposés avant le 15 du mois peuvent donner lieu à un versement au début du mois suivant.
«Les dossiers sont un peu complexes, il faut étudier les revenus, la situation familiale... Cela prend un peu de temps», explique à 20minutes.fr Jean-Louis Deroussen, le président de la Cnaf (Caisse nationale d’allocation familiale). «Nous avons comparé les chiffres du RSA, avec les débuts du RMI il y a vingt ans et la montée en charge était similaire», ajoute-t-il.
Procédures de démarchage individuel
Sans s’alarmer, Jean-Louis Deroussen souligne toutefois un décalage entre le nombre de dossiers déposés et les «2 millions de bénéficiaires potentiels». D’autant que les Français ont été nombreux à se pencher sur la question puisque «2 millions de personnes se sont connectées sur le site Internet de la CAF et ont rempli le test d’éligibilité».
Au-delà de l’«effet vacances» qui a sans aucun doute joué, il avance plusieurs hypothèses pouvant expliquer ce décalage. Selon lui, certaines personnes ont pu renoncer devant la complexité du dossier à déposer ou bien face aux méfiances des contrôles que le versement de cette prestation engendre. Les personnes qui sont dans des conditions précaires et qui ont dû avoir recours au travail au noir notamment peuvent par exemple se montrer réticentes à déposer un dossier.
Les Caisses d'allocations familiales – chargées de verser le RSA – ont ainsi décidé de faire un effort supplémentaire de pédagogie afin de «convaincre les bénéficiaires potentiels de faire les démarches», explique Jean-Louis Deroussen. Certaines CAF vont également jusqu’à faire du «démarchage individuel» en ciblant par exemple les titulaires de l’allocation logement qui pourraient être susceptibles de prétendre au RSA.
Elodie Lestrade