Depuis quatre mois, il fait frissonner la planète entière. Le virus H1N1 a infecté plus de 200.000 personnes dans 177 pays et causé la mort d'au moins 2.185 malades, selon le dernier bilan publié, vendredi, par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). En France, 10 décès, dont 8 outre-mer, lui sont imputés. Quatre mois pendant lesquels le virus a été suivi à la trace par les scientifiques et les autorités sanitaires.
H1N1, un «petit délinquant» qui a surpris tout le monde
Repéré au Mexique et en Californie fin avril, le virus progresse à une vitesse fulgurante, dix fois plus vite que les autres virus de la grippe, selon l'OMS. Mais s'il est extrêmement contagieux, il est aussi relativement peu virulent. Or, c'est justement au scénario inverse que la planète s'était préparée: une épidémie comme celle de la grippe aviaire (H5N1), certes très peu contagieuse, mais fatale dans 60% des cas.
Un cocktail détonant
Pour autant, A(H1N1) est pris très au sérieux. D'abord parce qu'il s'agit d'une recombinaison inédite (le virus contient des éléments des grippes humaine, porcine et aviaire), personne n'est donc immunisé contre lui. Ensuite parce qu'il frappe des jeunes (la moyenne d'âge des malades gravement atteints est de 43 ans en France) et qu'il tue aussi des personnes en bonne santé (40% des décès).
Une évolution totalement inconnue
A la mi-août, la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, évoquait un scénario «catastrophe» de 20 millions de malades et 20.000 morts sur le sol français, en se basant sur la mortalité de la grippe saisonnière. «Il ne s'agit que de projections, rappelle Vincent Enouf, responsable adjoint du Centre national de référence des virus influenza à l'Institut Pasteur. La seule chose que l'on peut dire actuellement, c'est que le virus n'a pas muté. Il n'est donc pas devenu plus dangereux. Mais il est impossible de savoir combien de personnes il affectera ou quand aura lieu le pic épidémique. Le propre des virus est, justement, d'être totalement imprévisibles.»