CINEMA - Alors que divers éléments de l'affaire «Arctic Sea» font penser à un film, 20minutes.fr revient sur les adaptations de faits divers à l’écran…
Une cargaison mystérieuse, des attaques pirates louches, un navire maquillé… Pas de doute, les péripéties estivales du cargo Arctic Sea ont quelque chose de cinématographique.
Le mystère entoure toujours l’histoire du bateau, et les nouveaux éléments de l’enquête n’arrangent rien. Aux dernières nouvelles, le capitaine du navire est accusé par les pirates présumés de les avoir retenus en otage pendant trois semaines. La victime serait-elle aussi un peu bourreau? Voilà un trait de caractère dont sont friands les cinéastes!
«Surtout pas manichéen»
Contactée par 20minutes.fr, Pascale Memery, scénariste pour plusieurs séries télé dont Sous le soleil et Cinq sœurs, est formelle. «La psychologie d’un personnage est essentielle. C’est bien plus important que le fait divers en lui-même», explique-t-elle. «Un flic gentil et un tueur méchant, à l’écran, ça ne fonctionne pas. Il ne faut surtout pas être manichéen.»
A première vue, il n'y aurait donc rien de surprenant à voir l'histoire de l'Arctic Sea portée à l'écran. Scénaristes et maisons de production puisent en effet régulièrement dans les faits divers ou plus généralement l'actualité les ingrédients de leurs films.
Comme spectatrice, Pascale Memery se souvient notamment d’une adaptation réussie. «Dans la tête du tueur reprenait l’affaire Francis Heaulme. Au-delà des acteurs, très bons, il y avait tout: une émotion folle, des personnages humains… On arrivait à être en empathie avec ce monstre, et on ressentait le développement d’une histoire relevant presque de l’amour entre le tueur et le policier qui le traque.»
Toutefois, l’actualité ne doit pas forcément être morbide pour être portée à l’écran. Le cinéma est aussi avide d’aventures personnelles, dans lesquelles David bat Goliath. Plus facile, pour le spectateur, de s’identifier au personnage principal.
Dans le genre, l’un des films-référence reste Erin Brockovich, de Steven Soderbergh. La productrice du film, Carla Santos Shamberg, explique ainsi avoir vu dans cette femme une héroïne ordinaire idéale: «Cette mère, divorcée deux fois, ayant trois jeunes enfants à charge, sans ressource, sans aucun diplôme, avait réussi seule à porter ce cas devant la justice et à faire triompher le droit. C’est un personnage parfait.»
Un avis auquel Pascale Memery ne peut qu’adhérer: «Je me souviens d’avoir lu l’histoire d’une petite actionnaire du fabricant de jouets Mattel. À chaque assemblée générale, elle prenait la parole pour dénoncer les conditions de travail des sous-traitants du groupe. Après des années de combat, elle a fini par obtenir le renvoi de millions de jouets. Ce genre d’histoire m’inspire, c’est évident.»
Quant à l’Arctic Sea, Pascale Memery est bien plus terre-à-terre. «C’est sûr que le mystère autour de ce cargo est intéressant, concède la scénariste. Mais à mon avis, il n’y aura pas de film à propos de cette histoire. Je ne connais aucun producteur prêt à s’engager dans un tournage en mer : cela coûte cher, et il y a toujours beaucoup d’inconnues liées à la météo.» Tant pis pour nous.
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