DEBAT – Votre avis sur le projet de réforme alors que les consultations commencent ce vendredi...
Les consultations sur la réforme de la retraite des mères ont été lancées. Actuellement, une femme salariée du privé ayant élevé des enfants peut bénéficier d'annuités supplémentaires (jusqu'à deux ans par enfant) pour le calcul de la durée de cotisation nécessaire à une retraite à taux plein. Mais une jurisprudence de la Cour de cassation autorise désormais les hommes qui ont eux aussi élevé des enfants à bénéficier de ce dispositif. Pour équilibrer la situation,
plusieurs solutions sont à l'étude. Nous vous avons demandé ce que vous en pensiez.
«Je suis pour l'égalité des sexes sur ce dossier, répond Mouarf. Le problème dans cette affaire est que s'il existe une discrimination sur ce dossier entre les hommes et les femmes, cela permettra de justifier une différence dans le traitement des femmes au quotidien. On répondra gentiment aux femmes que comme elles ont un avantage pour les retraites pas besoin de payer le même salaire qu'un homme. Au final, empêcher un homme qui élève ses enfants de bénéficier du même traitement que les femmes dessert les femmes dans leur combat au quotidien pour une égalité. Enfin, du fait de l'accouchement, je serais également pour la majoration de 1 an car la femme ne peut faire autrement que de s'arrêter de travailler.»
MBA, lui, pose une question: «Et les hommes qui ont bossé toute leur vie et assument seuls les besoins du foyer? Il y en a qui ont porté sur leurs épaules tout le poids financier, sans pouvoir changer vers la cinquantaine, parce q'il faut assumer et qu'il n'y a qu'un seul salaire a la maison. Tout en étant très présents a la maison pour tous. Eux, ils n'ont droit à aucune réduction. Et leur femme non plus, puisqu'elle n'a pas travaillé.» «Dommage, ajoute Yvondangers, c'est l'égalité tant demandée par les femmes, même si elles demandent toujours de la galanterie, du bricolage, le coup de main de plus en plus important à la maison. Les moeurs ont changés, fini monsieur au bistrot avec les potes et madame à la maison. En résumé, oui à la prise en compte des enfants pour la retraite des hommes, les fonctionnaires le font déjà en prenant un congé parental.»
«La parité est un concept démagogique, répond quant à lui Incongru. Dans un sens comme dans l'autre. La justice voudrait que l'on gratifie de trimestres supplémentaires le parent (la mère dans l'écrasante majorité des cas, le père dans quelques cas marginaux) qui interrompt ses activités professionnelles pour élever les enfants du couple. La plupart des mères qui ont interrompu leurs activités professionnelles pour s'occuper quelques années de leurs enfants se trouvent avec des carrières incomplètes pour prétendre à des retraites à taux plein. Il me semblerait juste de conserver le système actuel, quitte à l'étendre aux rares pères qui s'arrêtent de travailler un an ou deux pour s'occuper de l'enfant pendant que la mère travaille.»
PIC, lui, écrit ceci: «C'est honteux d'utiliser une espérance de vie plus longue comme argument! (utilisé par certains internautes, ndlr) Ce n'est pas notre faute quand même! Et puis avez vous pensez à toutes ces femmes qui meurent à la suite des complications de l'accouchement, où qui ont des séquelles irréversibles? Vous voudriez prendre leur place? Celles qui vivent plus longtemps auront sûrement pris soin d'elles tout au long de leur vie, on ne peut le leur reprocher! Vous utilisez vraiment des arguments d'homme primaires. La charge des enfants revient le plus souvent à la femme, alors il est bien normal qu'elles aient ensuite plus de temps à se consacrer!». Et Agauchetoute d'ajouter qu'élever des enfants devrait être considéré depuis bien longtemps comme un vrai travail à part entière et donc rémunéré.
Les solutions envisagées par le ministre sont les suivantes: On pourrait garder d’office un an de majoration pour la mère, qui accouche et a un congé maternité. Ensuite, pour la deuxième année de la compensation, deux pistes sont envisagées: laisser le choix aux parents de décider qui profite de cette deuxième année sauf que, pour les parents séparés ou divorcés, c’est conflictuel, chacun voulant obtenir la majoration. On pourrait aussi donner la majoration à celui qui s’arrête, arrêts de travail à l’appui. Une option compliquée à mettre en place car il n’est pas sûr que l’on puisse remonter le passé professionnel de chaque parent.
Et vous, qu'en pensez-vous? Quel modèle est le plus juste? L'égalité des sexes doit-elle être prise en compte dans cette réforme? Continuez à nous le dire ci-dessous dans les commentaires...
PA