Si un adulte y entend un gosse s'exclamer : « The Offspring ? C'est trop d'la daube, c'est pour les vieux ! », qu'il retienne ses coups et qu'il lui explique calmement que, sans la « daube » en question - qui faisait certainement se trémousser sa maman à la fin des années 1980 -, le punk-rock ricain de Sum 41 ou Fall Out Boy n'existerait peut-être pas.
Outre The Offspring, d'autres formations « pour les vieux », légendaires pour certaines, se produiront ce week-end. A commencer par Oasis. Le groupe mancunien né au début des années 1990 doit moins à ses refrains sirupeux et très inspirés par les Beatles qu'aux frasques alcoolisées - ou pire - des frères Gallagher, ses fondateurs. Eux voyageront en famille puisque le leader de The Prodigy n'est autre que... le beau-frère de Liam ! Ces défricheurs électro, qui excellent autant en studio que sur scène, n'auront aucun mal à déchaîner les foules avec leur big beat à base de rock alternatif, de breakbeat et de hardcore.
Autres grands anciens, les métalleux inclassables de Faith No More, qui hésitent depuis 1982 - mais avec quel talent ! - entre metal, jazz fusion, hip-hop et hardcore. Pour la petite histoire, Courtney Love fut brièvement la chanteuse (oui, oui, l'ex de Kurt Cobain) du groupe reformé cette année.
Enfin, papis parmi les papis, les survivants de Madness, déjà séparés mille fois, viendront faire la promo, à renfort de cuivres, d'un album sorti en mai et plutôt déprécié par la presse... Etonnant, d'autant que Suggs et sa bande sont restés fidèles au « nutty sound » qui a fait d'eux les princes du ska britannique il y a trente ans. Bah ! peu importe, puisque la gaieté de leurs refrains et leurs rythmiques endiablées devraient voir plusieurs générations pogoter ensemble.