Nouveau suicide d'un agent de France Télécom

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Publié le 12 août 2009.

BESANCON - Le Parquet n'établit pas de lien de causalité formel entre le geste de l'agent et des problèmes professionnels...

Le parquet, qui s'appuie sur une «assez longue lettre» de l'agent a estimé qu'il était impossible d'établir un lien de causalité formel entre son geste et des problèmes professionnels.

«Ce qui est récurrent, c'est un profond désarroi sentimental avec son amie qu'il avait essayé de joindre au téléphone le jour du drame», selon Sophie Bressand, substitut du procureur. Il s'en prend également à son entreprise, se disant notamment «désemparé» et «en colère» contre son chef et ses collègues «qui ne répondent pas quand on a besoin d'eux».
«A la lecture de ce courrier, il est impossible d'établir un lien formel de causalité entre ses problèmes professionnels et son geste fatal», a estimé la magistrate qui n'exclut cependant pas la possibilité d'ordonner une enquête sur ses conditions de travail.

Manifestation dans Besançon

Plus tôt dans la journée, entre 120 et 150 salariés de France Télécom ont manifesté à Besançon après le suicide de ce jeune homme agent dans la nuit de lundi à mardi dans son garage.

«Depuis février 2008, c'est le 20e suicide enregistré à France Télécom par l'Observatoire du stress et de la mobilité forcée» créé par les syndicats Sud PTT et CFE-CGC, a indiqué à l'AFP Patrick Ackermann, délégué central de la fédération Sud PTT. Il a précisé qu'il y avait eu en outre 12 tentatives depuis février 2008, mais que c'était aussi le 4e suicide depuis le 14 juillet, même si «tous ces suicides ne sont pas équivalents».

Des salariés venus de tous les sites bisontins se sont réunis mercredi à l'appel de la CGT et Sud PTT devant le siège de l'entreprise, tandis que le directeur territorial Est Jean-Claude Burtin s'est rendu sur place à 10h.
Une cellule d'écoute a été mise en place pour les collègues du salarié.

Pas de lettre expliquant son geste


Nicolas G., 28 ans, célibataire et sans enfant, exerçait comme technicien télécoms et «avait récemment été nommé sur un poste qu'il a ressenti comme très disqualifiant», a expliqué Jacques Trimaille, délégué Sud PTT. L'agent avait dû être hospitalisé et était suivi depuis.

Il n'a semble-t-il pas laissé de lettre pour expliquer son geste, a indiqué le syndicaliste. «Mais les causes sont systématiquement les mêmes: gestion d'entreprise, stress et mauvaises conditions de travail», a-t-il estimé. «C'est un problème global. Il n'y a peut-être pas qu'une seule cause, mais à 90% c'est un problème d'entreprise», a-t-il encore accusé.

«Tout le monde est sous le choc»


La direction régionale de France Télécom n'était pas en mesure de communiquer dans l'immédiat. «Tout le monde est sous le choc. Aujourd'hui nous sommes plutôt dans la réaction à chaud, c'est-à-dire de rassurer les salariés car c'est un événement tragique», a expliqué une porte-parole.

Le 14 juillet, un salarié s'était suicidé à Marseille en mettant en cause dans une lettre son travail au sein du groupe et notamment la «surcharge de travail" et le "management par la terreur».

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