Google mitraille Paris en tricycle

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Publié le 7 août 2009.

HIGH-TECH - Un vélo à trois roues sillonne les quartiers piétonniers de Paris. Objectif: prendre un maximum de photos pour compléter Street View...

Aujourd'hui, dans Google maps, les quartiers piétonniers ne proposent pas l'option Street View. Impossible par exemple de visiter la rue Montorgueil, le jardin des Tuileries ou le quartier des Halles... Pendant les vacances d’été, un tricycle équipé d'appareils photos sillonne les rues, parcs et jardins parisiens. La voiture Google, trop encombrante, a laissé sa place à un engin qui peut aller à peu près partout. Surmonté d'un dispositif de huit objectifs, il mitraille automatiquement et en rafale une série de photos tous les deux mètres.



Ce vendredi, le tricycle est de sortie sur le parvis de la Défense. Sous le regard des passants et surtout des touristes, Arthur Poirier, 20 ans, s'élance sur le trois-roues de 140 kg. «Dans les montées, ça peut tirer un peu à l'arrière, mais on va à notre rythme», explique l'étudiant en économie à l'Université de Nantes. Son binôme, Grégory, découvre lui aussi Paris en vélo. «C'est plutôt sympa, comme job d'été. Faut juste s'assurer qu'il fait beau. C'est mieux pour les photos.»

En photo sur Google maps

Autour, sur l'esplanade, quelques curieux s'approchent et prennent des photos. Ce sont surtout des touristes. Un groupe d'amis australiens reconnaissent le logo du géant américain. «Ma femme est même sur une des rues de Melbourne. Je trouve ça vraiment super», fanfaronne un quadragénaire.

>> Consultez les photos les plus drôles de Google Street View dans notre diaporama, en cliquant ici

Si en Australie, la voiture Google a été plutôt bien accueillie, elle a eu plus de mal à se fondre au paysage, dans les rues britanniques. Pourtant habitués aux systèmes de vidéosurveillance, les Anglais sont montés au créneau. D'ailleurs, Google a dû, à la suite d'une trentaine de plaintes, retirer plusieurs images des pages de Street View qui portaient atteinte à la vie privée ou au droit à l'image. Comme ces clichés où l'on voit un jeune homme sortir d'un sex shop, ou un autre, ivre, qui vomi devant un pub.

En France, peu de protestations

Compte tenu de la culture assez vindicative des Français, Google a pris soin d'assurer ses arrières. «Bien avant la prise des premières photos, on a travaillé en partenariat avec la Cnil (Commission nationale de l'informatique et des libertés, Ndr) pour prévenir les attaques. Tous les visages sont floutés», argumente la porte-parole de l’entreprise. Reste tout de même à savoir ce que deviennent les clichés originaux, avant d'être déformés par le logiciel...

Cette question ne fait pas partie des préoccupations de Nouh. Venu avec son fils faire les boutiques dans le quartier des affaires, lui aussi s'arrête devant le tricycle. «C'est tellement pratique. Avant de partir en vacances, je jette toujours un coup d'œil pour voir de quoi ça a l'air.» Il a peut-être été pris en photo, mais s’en fiche. «C'est comme si on participait à créer le logiciel», commente-t-il.

Le tricycle Google reste à Paris jusqu'au 27 août. Au programme: le jardin du Luxembourg, les Tuileries, les Halles, la Défense, les ruelles piétonnières et le château de Versailles. Après, l'équipe partira à Lille, Honfleur et dans le sud de la France.

>> Votre avis nous intéresse. Accepteriez-vous d’apparaître dans Google Street Views?

 

William Molinié
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