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Grippe A (H1N1): la véritable vague épidémique touchera la France à la rentrée

Rassemblement devant l'école de la rue Belliard, à Paris (18e), où une fillette a été hospitalisée, par crainte qu'elle ne soit atteinte de la grippe mexicaine(30 avril 2009).
Rassemblement devant l'école de la rue Belliard, à Paris (18e), où une fillette a été hospitalisée, par crainte qu'elle ne soit atteinte de la grippe mexicaine(30 avril 2009)./FRANCK FIFE / AFP

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SANTE - A quoi peut-on s'attendre en septembre?...

Mise à jour le 24 août 2009

Roselyne Bachelot a prévenu: la rentrée scolaire «va faciliter la diffusion du virus». Mais, alors que Bernard Debré estimait fin juillet que la mobilisation contre la pandémie ne servait «qu'à nous faire peur», la ministre de la Santé s'est défendue de monter «une opération médiatique». «Il faut donc nous préparer, a-t-elle affirmé, c'est ce que nous faisons actuellement.» Mais nous préparer à quoi? 20minutes.fr fait le point sur ce qui nous attend à la rentrée.

La montée en puissance de l'épidémie
La ministre prévoit une recrudescence du nombre de cas de grippe en septembre. «Elle a raison», a assuré à 20minutes le Dr Jean-Claude Manuguerra de l'institut Pasteur, président du Comité de lutte contre la grippe. Deux facteurs vont y contribuer, selon lui: «la réouverture des écoles» et «la saison particulièrement favorable aux épidémies grippales». Le spécialiste estime d'ailleurs que si la Grande-Bretagne a autant été touchée, c'est «parce que ses écoles ont fermé plus tard qu'en France». Selon la ministre, les experts évoquent trois scénarios: «un rose, deux gris et un noir». Le rose, dans lequel le virus s'éteindrait naturellement, semble aujourd'hui exclu. Les deux gris misent sur une augmentation progressive du nombre de cas, ou une évolution en deux ou trois vagues épidémiques. Le noir enfin, voit le virus revenir plus virulent à l'automne, après une mutation dans l'hémisphère sud. Selon Roselyne Bachelot, «à l'heure actuelle aucun des trois ne peut être écarté».

Le passage au niveau d'alerte maximal
Fin juillet, Roselyne Bachelot annonçait pour septembre le passage au niveau 6 du plan de prévention et de lutte pandémie grippale. Fin août, en conférence de presse, la ministre est revenue sur ses propos, estimant que ce n'était pas à l'ordre du jour. Elle a par ailleurs rappelé que le dispositif, qui propose une panoplie de mesures parfois drastiques, comme la fermeture des écoles, était à adapter à l'épidémie. Il a en effet été initialement prévu pour lutter contre une pandémie de grippe aviaire, dont le virus est plus virulent, mais beaucoup moins contagieux. «C'est une boîte à outils», tempère par ailleurs Jean-Claude Manuguerra, qui explique qu'aucune mesure ne sera appliquée automatiquement, mais décidée en fonction de chaque situation. «La fermeture des écoles, notamment, est efficace», décrit-il, en évoquant les épidémies de grippe hivernales qui s'arrêtent souvent d'elles-mêmes après les vacances de Noël. A ce sujet, Roselyne Bachelot assure que l'apparition de trois cas groupés en une semaine dans une école devra être signalée au préfet, qui pourra décider ou non de fermer une ou plusieurs classes.

La vaccination priorisée

Roselyne Bachelot a annoncé plusieurs inconnues: la date de livraison, celle de la délivrance des autorisations de mise sur le marché, et le nombre de doses disponibles dans un premier temps. A terme, avec 94 millions de doses, les trois quarts de la population pourront se faire vacciner. Le ministère a parié plus tôt dans l'été sur cette proportion de demandeurs, puisque le vaccin ne sera pas obligatoire. Mais avec les impératifs liés aux essais cliniques et à la production des doses, Celles-ci ne seront disponibles qu'au fur et à mesure, et il faudra définir qui en bénéficiera en priorité. Le gouvernement a demandé un avis au Comité de lutte contre la grippe, en cours de validation. Selon Jean-Claude Manuguerra, il faut composer entre protéger les populations les plus fragiles et stopper la dynamique de l'épidémie. Roselyne Bachelot a cependant déjà prévenu que les populations prioritaires seraient «les personnes atteintes de pathologies respiratoires et de maladies chroniques» et le personnel soignant. Elle a également évoqué les femmes enceintes, précisant que le Haut conseil de la santé publique rendra de son côté son rapport sur les populations prioritaires le 3 septembre.

L'Etat aux commandes
Pour le moment, la délivrance des antiviraux se fait de façon classique: ordonnance, pharmacien, remboursement habituel. «En cas de passage au niveau 6 du plan, on commencera à piocher dans les stocks de l'Etat», explique Jean-Claude Manuguerra. De même, Roselyne Bachelot a annoncé qu'il faudra «déployer une logistique particulière très probablement dans des centres de vaccination». En effet, le spécialiste précise que les doses vaccinales se présenteront sous forme de «flacons multi-doses et pas individuels», qui devront être utilisées rapidement après ouverture, rendant difficile leur utilisation chez les médecins généralistes, actuellement au cœur du dispositif.

De plus en plus de victimes
Le premier décès d'une patiente porteuse du virus A (H1N1) est survenu le 18 juillet, à Brest. Un second a été recensé dans les Landes le 23 août. Dans l'hémisphère austral, en période épidémique, plusieurs décès sont à déplorer en Polynésie et en Nouvelle-Calédonie. Selon Didier Houssin, directeur général de la Santé, il s'agit à chaque fois de cas indirects, dans lesquels le virus n'a pas été la cause principale du décès. Mais la ministre de la Santé a prévenu qu'«avec cette forte diffusion de ce nouveau virus H1N1, nous pourrions avoir des conséquences sanitaires importantes», rappelant qu'une simple grippe saisonnière était responsable d'environ 2.500 morts par an. L'OMS ne fait plus de projections chiffrées sur le nombre de décès possibles, mais «les autorités britanniques ont estimé la fourchette haute du nombres de victimes à 65.000», rapporte le Dr Manuguerra. Et selon lui, la configuration en Grande-Bretagne est «relativement comparable à la France».
Julien Ménielle
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