La législation des activités nautiques est jugée plutôt stricte

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Publié le 3 août 2009.

DÉCRYPTAGE - L'enquête ouverte après la noyade d'une fillette en pratiquant de l'hydrospeed, devrait faire la lumière sur de possibles défaillances d'encadrement...

Une jeune fille de 11 ans s’est noyé samedi, lors d'une sortie d'hydrospeed sur la Durance (Hautes-Alpes). Ce dramatique accident aurait-il pu être évité si les règles légales entourant la discipline avaient été plus complètes?
 
Pas sûr. Car pour l'ensemble des professionnels, le cadre légal de cette pratique est jugé plutôt «stricte». Ces activités sont régulées par un arrêté du 20 juin 2003. «Mais à chaque accident, on vous le modifie avec des nouvelles règles, encore et encore...», lâche-t-on à la fédération française de canoë-kayak.
 
Brevet de natation
 
Il est tout d'abord imposé que les mineurs doivent apporter leur preuve «à se déplacer dans l’eau sans présenter de signe de panique sur un parcours de 20 mètres, avec passage sous une ligne d’eau, posée et non tendue», explique-t-on à la Direction départementale de la jeunesse et des sports des Yvelines. Or, les attestations n'ont ni été fournies par les animateurs de la ville d'Etampes qui organisaient la colonie, ni exigées de la part du club de canoë-kayak.

Par ailleurs, le nombre d'animateurs et de moniteurs présents est fonction du nombre d'enfants dans l'eau. Il faut un animateur pour huit mineurs de 6 ans et plus, auquel s'ajoute obligatoirement la surveillance d'une personne titulaire d'un brevet national ou d'Etat. Les jeunes d'Etampes, âgés de 10 à 14 ans, étaient neuf dans l'eau. Ils auraient donc dû être accompagnés d'au moins 2 animateurs et d'un moniteur spécialisé dans la discipline.

«Accumulation d'imprécisions»

D'après les témoins, une barre de fer de 12 mètres a été à l'origine de l'accident. La fillette, emportée par le courant, se serait retrouvée coincée en dessous. «C'est à cause de cette barre. Il y avait une partie visible hors de l'eau. Ça nous a mis en colère», s'indigne Yannick Labbe, le premier ambulancier à tenter un massage cardiaque sur l'enfant.

Autrement dit, une reconnaissance, généralement recommandée, du tronçon de la Durance aurait-elle pu éviter le drame? «Le parcours avait été extrêmement sécurisé pour les Championnats de France de canoë qui se sont déroulés au mois de juillet. Pendant une semaine, tous les jours une équipe descendait pour sécuriser les lieux, mais aucune barre de fer n'avait été signalée», précise Michel Baudry, président du comité des Hautes-Alpes de la fédération française de canoë.

«La Durance n'est pas dangereuse. Il y a beaucoup de passage et en ce moment les conditions sont plutôt bonnes. Mais la plupart du temps, les accidents surgissent à cause d'une accumulation d'imprécisions», note finalement Nathalie Faurebrac, la responsable de la filière eau vive au comité départemental du tourisme des Hautes-Alpes.
William Molinié (avec agence)
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