ECONOMIE - Comme souvent l'été, le Sud s'en sort mieux que le Nord...
L’activité touristique montre des «signes d’essoufflement» en France. C’est la conclusion du bilan à mi-parcours présenté ce vendredi par Hervé Novelli, le secrétaire d’Etat au Tourisme. La saison estivale a «démarré lentement» et est déjà marquée par une baisse du nombre de visiteurs étrangers. Les prévisions ont même été revues à la baisse et tablent désormais sur une baisse de leur fréquentation de «près de 30%», contre 20% prévus à l’origine.
«Il y a une légère dégradation des perspectives» mais «les réservations de dernière minute peuvent encore nuancer la donne», a expliqué Hervé Novelli. Un espoir sur lequel comptent beaucoup les professionnels du secteur. Même ceux qui ont connu un bon taux de remplissage.
«De très agréables surprises» à Nice
Ainsi, Michel Tschann, président du syndicat des hôteliers de Nice Côte d'Azur, explique que le mois de juillet a réservé «de très agréables surprises avec de nombreuses réservations de dernière minute». Joint par 20minutes.fr, ce directeur de l’hôtel «Splendid» à Nice prévoit un mois d’août plutôt bon avec un taux de remplissage à 80%.
Sur les deux mois, les nuitées des Français devraient rester stables par rapport à l'an dernier (207 millions), alors que le gouvernement avait tablé début juillet sur une hausse de 1,1%, sur la base d'enquêtes précédentes. Ces estimations cachent pourtant de nombreuses disparités géographiques. Dans certaines régions, les chiffres pourraient être bien plus mauvais.
«Catastrophique» dans le Morbihan
Dans le petit camping municipal de Langoelan, dans le Morbihan, le mois de juillet a été «catastrophique, à cause du temps». Dans ce camping qui ne prend pas de réservations, les randonneurs de dernière minutes étaient même «moins nombreux qu’au mois de juin». Et les choses ne s’amélioreront au mois d’août que si le temps le veut bien.
A la Fédération nationale de l’hôtellerie de plein air (Fnhpa), on explique que le mauvais temps n’est pas la seule explication. La baisse de fréquentation des campings bretons tient aussi au fait que «la clientèle britannique les a un peu désertés cette année». Or, les Britanniques représentent historiquement une part importante des touristes en Bretagne. Et s’ils sont moins nombreux cette année, c’est à cause de la faiblesse du taux de change de la livre sterling expliquent en cœur les professionnels du tourisme.
Les Français compenseront-ils l’absence des touristes étrangers?
D’une manière générale, les touristes étrangers se font plus rares en France cette année. A Nice, Michel Tschann évoque une baisse de fréquentation de la part des Anglais et des Russes, et compte beaucoup sur ses voisins italiens «qui sont généralement des adeptes de la réservation à la dernière minute». Si les étrangers ont délaissé la France au mois de Juillet, nos compatriotes, eux, l’ont plébiscité. Pour Hervé Novelli, «la grande interrogation est donc de savoir dans quelle mesure le fait que les Français restent en France va compenser le net recul de la fréquentation étrangère».
Le secrétaire d’Etat au Tourisme a également tenu à rappeler que les réservations réelles sont «traditionnellement supérieures aux intentions de départ» exprimées dans les sondages, ce qui laisse de «l'espoir».
Elodie Lestrade