TRANSPORTS - L'entreprise veut créer un réseau mixte avec la RATP pour y faire rouler des TGV et relier en un temps record des pôles économiques franciliens...
Le projet était déjà dans les cartons mais il n'avait pas été déballé aussi clairement. Mercredi, le directeur général délégué de SNCF Proximités, Jean-Pierre Farandou, a fait savoir que son entreprise comptait bien proposer une variante ferroviaire au débat public sur le futur
réseau de transports en Ile-de-France.
L'idée serait de faire circuler des TGV sur les mêmes voies que celles du futur métro automatique qui doit être construit dans le cadre du
grand Paris. Le tronçon, censé voir le jour d'ici à 2020, reliera Versailles au Bourget, en passant par La Défense et la future gare de Pleyel au nord de Paris. A 120km/h, soit deux fois plus vite qu'en métro, seules 20 minutes devraient suffire pour aller du quartier des affaires à l'aéroport. Plus ambitieux encore, ce réseau mixte permettrait de joindre La Défense à la City londonienne en moins de 2h ou Roissy au Havre en 1h35.
Le rapporteur général du budget à l'Assemblée nationale et député du Val-de-Marne, Gilles Carrez (UMP), a trouvé l'idée de la SNCF «extrêmement forte, [...] séduisante» et qu'elle «méritait d'être étudiée».
Incertitudes techniques
Le projet, bien que plutôt alléchant en temps de transport, soulève depuis quelques jours de vives réactions parmi les acteurs franciliens. Et au premier chef, Christian Blanc, le secrétaire d'Etat au développement de la région-capitale qui n'était visiblement pas au courant du projet de la SNCF. Jeudi, il s'est dit «étonné de l'existence de réflexions de la SNCF» sur le futur réseau de transports. Il a même convoqué le président de l'entreprise, Guillaume Pepy, pour «venir lui expliquer ses idées dans les meilleurs délais».
De la même façon, la RATP, qui exploite deux lignes de RER, quatorze de métro et les bus parisiens, voit d'un mauvais œil l'arrivée de la SNCF sur ses plates-bandes. «Une telle exploitation mixte n'existe nulle part au monde», souligne à 20minutes.fr une porte-parole de la RATP. «Et puis techniquement, ça pose plusieurs problèmes», ajoute-t-elle. Comme celui de l'aiguillage et des chassés-croisés entre des métros automatiques à 60 km/h et des TGV à plus de 100 km/h.
La SNCF annonce déjà que le projet ferroviaire entraînerait un surcoût de 30% sans dépasser les 300 millions d'euros pour la partie La Défense-Le Bourget. Reste à savoir comment faire rentrer un train de 400m de long dans des gares conçues pour des rames de métro de 120 mètres. Contactée par 20minutes.fr, la SNCF n'a pas voulu faire davantage de commentaires mais a rappelé sa volonté de s'inscrire «dans une démarche de concertation constructive».
William Molinié (avec agence)