SANTE - Deux membres du personnel soignant ont contracté la maladie...
Un calme presque désabusé régnait jeudi midi, devant l'aile sud du quatrième étage de l'hôpital Foch, à Suresnes (Hauts-de-Seine). C'est là, au service pneumologie, que travaillait
la jeune kinésithérapeute touchée par la grippe A (H1N1). Un autre membre de l'équipe médicale a développé les mêmes symptômes grippaux et serait «contaminé», expliquait la direction jeudi après-midi.
>>> Tous nos articles sur la grippe A (H1N1)
La porte d'entrée du service s'ouvre et se referme, comme dans n'importe quelle autre partie de l'hôpital. A la seule différence qu'ici, le personnel soignant et les visiteurs doivent porter un masque chirurgical. «On prend des précautions quand on manipule un patient. En plus des masques, on se lave les mains à l'entrée et à la sortie de la chambre. On recommande aux visiteurs de faire pareil», explique une infirmière dans le hall.
Les vingt patients qui présentaient un risque de contamination ont été isolés et traités préventivement par Tamiflu. Les visites sont aussi limitées dans le service. Partout dans l'établissement, des pancartes rappellent les bons gestes à adopter pour réduire les risques de contagion: «Se laver les mains, utiliser un mouchoir pour éternuer, appeler son médecin traitant dès les premiers signes...»
«On en fait trop»
Mesures d'urgence, formations, exercices de simulation... Depuis le mois de janvier, le personnel soignant de l'hôpital a été préparé pour faire face à la grippe A. «Quand la cellule de crise a été activée, les services ont réagi rapidement avec une sérénité presque nonchalante, signe de leur professionnalisme», assure Philippe Cottard, directeur général de l'hôpital Foch.
L'événement est passé presque inaperçu chez les patients. «Ah bon ? J'avais vu les pancartes en arrivant, mais je ne savais pas que quelqu'un avait été contaminé», s'étonne une jeune maman, tout juste sortie de la maternité. Dehors, pendant sa pause cigarette, Wilfried assure que tout va bien. «Ils n'en parlent pas beaucoup. J'en ai eu juste un ce matin, qui m'a dit, sur le ton de la plaisanterie : "Eh, vous m'emmenez pas au 4e étage, hein ?"», raconte le brancardier.
Si le personnel est si calme, c'est parce qu'il considère cette grippe comme bénigne. «C'est rien d'autre qu'une grippe en plein été. Certes, elle est plus contagieuse, mais on en fait quand même beaucoup trop», explique une infirmière dans un couloir. Les critiques se portent plus haut, vers les responsables sanitaires. «Ils ne se remettent pas de la canicule. Du coup, ils ne veulent surtout pas passer à côté de cette grippe».
L'hôpital doit attendre désormais jusqu'à lundi pour lever l'ensemble des mesures visant à réduire les risques de contagion. D'ici là, masques, gants et lavages de mains sont de rigueur. Autrement dit, le quotidien du personnel soignant...
William Molinié