Pyromanes ou escrocs?

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Publié le 28 juillet 2009.

FEUX – Les incendiaires présentent deux types de profils...

La plupart des feux de forêt sont déclenchés par l’homme, volontairement ou accidentellement. Les individus qui mettent le feu au maquis ou aux forêts ne sont pas tous fous… En Corse, depuis une dizaine de jours, huit incendiaires présumés ont été interpellés. Seul l’un d’entre eux, un homme soupçonné d'avoir allumé un feu en Haute-Corse, a été placé en hôpital psychiatrique. Les autres sont des éleveurs, pompiers volontaires, employé municipal ou tout simplement retraité insouciant, la plupart aux casiers judiciaires vierges.

L’employé de mairie a admis «avoir fait une bêtise». Les deux jeunes éleveurs de 21 et 24 ans, assurent avoir agi sous l’emprise de l’alcool. «Je n'arrive pas à m'expliquer ce qui s'est passé, et ce d'autant plus que je suis contre les incendiaires. Je n'étais pas dans mon état normal», a expliqué l’un d’entre eux lundi après-midi, au tribunal correctionnel de Bastia.

Profils différents

«Il y a deux sortes de pathologies. Soit l’incendiaire est fasciné par le feu et la flamme. Soit il cherche à faire du fric», explique Patrice Beunard, président du Syndicat national des pompiers volontaires, lui-même en activité depuis 34 ans.

«Les pompiers volontaires, par exemple, ne touchent que 7 euros de l’heure. Le salaire peut doubler en sortie la nuit ou les week-ends. Mais même là, c’est de la folie de vouloir gagner 400 euros de plus avec tous les risques et les dommages que ça comporte», ajoute-t-il.

Raisons multiples

Revendications politiques, protestation contre le reboisement d’anciens pâturages, spéculation sur le passage d’une parcelle forestière en terrain constructible, recherche d’emploi dans la lutte contre l’incendie, arnaques aux assurances… Les mobiles des incendiaires ne manquent pas.

Les agriculteurs, par exemple, ont besoin de renouveler leur herbe. «C’est ce qu’on appelle l’écobuage, qui consiste à nettoyer les flancs de colline par le feu. Le problème est que parfois, la manipulation n’est pas contrôlée», explique Patrice Beunard.

«Il serait bon de mener des études, dix ans après qu’un incendie a ravagé une parcelle. Ne serait-ce que pour savoir ce qu’on en a fait, si elle a été reboisée ou bien investie par des commerces. Bref, si les accidents ont vraiment été provoqués au hasard », conclut le pompier.
W. M. (avec agence)
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