INCENDIES - Si l'année 2009 n’est pas aussi dévastatrice que 2003, elle a déjà dépassé 2008 en nombre d'hectares ravagés par le feu dans la région de la Méditerranée.
Depuis le début de l’année, 1.765 hectares de forêt sont déjà partis en fumée dans les quinze départements du Sud-Est (Corse, Drome-Ardèche, Languedoc-Roussillon, Provence-Alpes-Côte d’Azur). Des dommages qui s’avéraient être, déjà lundi, comme bien supérieurs à ceux qui avaient été constatés l’année dernière (1.645 hectares brûlés).
Regroupés depuis 1973 par
Promethee, banque de données sur les incendies de forêts en région méditerranéenne en France, ces chiffres montrent à l’inverse que sur le long terme, le nombre de feux a baissé sensiblement. Avec des années particulièrement dévastatrices comme en 1979 (53.365 ha brûlés), 1989 (56.973 ha), ou 2003, année de sécheresse et ses 61.424 hectares ravagés.
Région à risques
Avec le maquis, la sécheresse et le vent, la région de la Méditerranée est particulièrement propice aux feux de forêt. Un trio explosif qui est encore amplifié par des pentes raides, comme en Corse, où les flammes peuvent se propager plus rapidement.
Depuis le début de l’année, une autre thèse est venue étayer le débat sur les causes des incendies en France.
Une équipe de chercheurs internationaux a ainsi noté la corrélation qui existerait entre les feux de forêts et les changements climatiques.
«La sécheresse est le principal facteur de risques pour les départs d’incendie», rappelle-t-on à l’office national des forêts (ONF) Méditerrannée. Pour prévenir les risques, l’organisme communique chaque semaine à Meteo France des données pour déterminer le taux de sécheresse. «Nous faisons des mesures hydriques tous les lundis et jeudis. On pèse des feuilles qui sont ensuite mises à l’étude à 60°C puis enfin repesées. On peut ainsi déterminer la quantité d’eau présente dans les végétaux.»
Origines criminelles
Reste que la plupart des incendies sont déclenchés directement ou indirectement par la main de l’Homme.
Toujours selon Promethee, sur les 1.591 feux dont la cause a été déterminée en 2006, seuls 234 étaient d’origine naturelle. A l’inverse, 113 étaient d’origine accidentelle, 606 d’origine criminelle, et 638 d’origine involontaire (dont 228 liées aux travaux et 410 liées aux loisirs et aux particuliers).
Déclencher un feu de façon volontaire peut coûter très cher. Les incendiaires, dont
certains ont été arrêtés en Haute-Corse lundi, encourent jusqu’à 10 ans de prison et des amendes de 150.000 euros.
William Molinié