Incendie de Marseille: Fillon dénonce une «faute professionnelle» inexcusable

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Publié le 23 juillet 2009.

FEUX - Les balles traçantes utilisées par les militaires, à l'origine de l'incendie, n'étaient pas autorisées dans ce camp. Mais elle sont parfois mêlées aux autres, et les militaires doivent les trier...

Les militaires du camp de Carpiagne, près de Marseille, ont reçu la visite François Fillon après l'incendie provoqué par des tirs d'entraînement autour de la cité phocéenne. Le Premier ministre a dénoncé «une faute professionnelle manifeste qui n'est pas excusable», annonçant des sanctions à l'issue des enquêtes en cours sur l'origine de l'incendie. C'est l'utilisation de balles traçantes lors de tirs qui aurait déclenché le feu.

«Il y aura des décisions»


«Les balles traçantes sont interdites pas seulement en cette période mais par principe, dans les camps du sud, sauf dérogation, a souligné le Premier ministre. Il n'y a pas eu de dérogation. Nous sommes donc en présence d'une faute. Une enquête de commandement est en cours. Naturellement, une instruction judiciaire est également en cours».

«Nous attendons les résultats des deux enquêtes pour prendre des décisions, mais il y aura des décisions, c'est-à-dire qu'il y aura des sanctions prises contre ceux qui ont commis ces fautes professionnelles graves et puis nous regarderons comment durcir les règles d'usage en matière de tirs pour que cette situation ne se reproduise plus», a-t-il ajouté.

Le responsable des tirs, un sous-officier du 1er régiment étranger de la Légion à Aubagne, a été placé en garde à vue ce jeudi. Selon une source proche de l'enquête citée par l'AFP, il a déclaré aux enquêteurs qu'il n'avait pas eu conscience de contrevenir aux ordres. Tout en exprimant ses regrets, cet adjudant-chef qui vient notamment de rentrer d'une mission en Afghanistan a expliqué que personne ne l'avait mis en garde contre les risques d'incendie.

Une erreur humaine?

Sur les forums, les militaires signalent un problème de conditionnement des munitions, qui pourrait provoquer un usage accidentel des balles traçantes. Sur le blog «Secret défense» du journaliste Jean-Dominique Merchet, un militaire témoigne: «ayant effectué dernièrement quelques tirs sur Carpiagne (…) il ne nous était fourni que des bandes (…) contenant des balles traçantes qu'il fallait trier». Autrement dit, les militaires doivent faire le tri quand on leur fournit des munitions et mettre les balles traçantes de côté.

Interrogé par 20minutes.fr, le SIRPA-Terre reconnaît que, dans leur conditionnement, balles traçantes et balles ordinaires sont mélangées. L’utilisation de balles traçantes étant interdite dans certaines conditions, le directeur de tir est dans l’obligation de trier les munitions qui lui sont fournies et de retirer les balles traçantes. On les reconnaît à leur pointe rouge. Et comme le dit un internaute sur le blog «Secret défense»: «l’homme est faillible». L'enquête en cours déterminera si l'usage des balles traçantes était intentionnel ou accidentel.

>> Les images envoyées par les internautes sont ici

Cela «aurait pu être beaucoup plus grave»

Le ministre de la Défense Hervé Morin, qui accompagnait François Fillon, a souligné que «les consignes sont extrêmement claires, les règles sont extrêmement précises, il s'agit d'un acte extrêmement regrettable, déplorable, d'un militaire qui n'aurait pas dû conduire ce tir dans ces conditions». Le militaire responsable des tirs a d’ailleurs été suspendu. Le ministre a tout de même précisé qu'«il ne s'agit pas de condamner l'armée». Pour le maire UMP Jean-Claude Gaudin, «c'est l'erreur d'une personne qui a procédé à des tirs» et «si la personne avait été originaire du pays, ça n'aurait jamais été fait».

«Des sinistrés, il y en a peu, ça aurait pu être beaucoup plus grave. Quelques maisons ont été léchées par les flammes. Je souhaite que ce soit l'armée qui répare», a affirmé le maire de Marseille, se réjouissant du soutien assuré par le gouvernement.

«Imbécilité du geste»

Plus tôt dans la journée, le préfet de région Michel Sappin a évoqué «l'imbécilité du geste» des militaires à Carpiagne et s'est dit «excédé». «L'an dernier, c'était la même chose près du camp de Canjuers (Var, ndlr), ça avait été le plus grand feu de l'été. Aujourd'hui c'est à Carpiagne, j'ai téléphoné au gouverneur militaire pour leur dire qu'il est inadmissible et scandaleux que les militaires, comme si de rien n'était, continuent leurs activités alors qu'il y a du vent et que les conditions sont dangereuses».


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