L’ex-animateur de l'une des branches du mouvement armé d'extrême gauche Action directe, s’est vu accordé un régime de semi-liberté ce jeudi par le parquet général de la cour d’appel de Paris.
Cette mesure confirme la décision qui avait été prise en début d’année par le tribunal de l’application des peines. Le parquet avait fait appel du jugement au motif que Régis Schleicher n’avait «pas suffisamment évolué en détention» et qu’il ne présentait pas une projet de semi-liberté «assez solide», selon l’un de ses avocats, Luc Brossollet.
Incarcéré à la centrale de Clairvaux (Aube), Régis Schleicher pourra sortir de prison à partir du 26 août prochain. Il travaillera la journée dans une association qui s'occupe de personnes âgées dans la banlieue lyonnaise et devra passer les nuits et les week-ends dans un centre de semi-liberté de Lyon proche de son lieu de travail, a précisé une source judiciaire citée par AP.
Condamné deux fois à perpétuité
Régis Schleicher, âgé de 52 ans, est en prison depuis 25 ans. Il avait été condamné deux fois à la perpétuité : en 1987 pour sa participation au meurtre de deux policiers lors d'une fusillade avenue Trudaine à Paris (9e arrondissement) en 1983, puis en 1988 pour des hold-up avec tentatives de meurtres de policiers. En février 2003, une tentative d’évasion de la centrale de Moulins-Yzeure (Allier) lui avait également valu 5 ans d’emprisonnement.
Arrêté en 1984, Régis Schleicher était considéré comme l’un des piliers du troisième groupe d’Action Directe, spécialisé dans les hold-up. Les deux autres groupes était la branche «internationale» (dont faisaient partie Jean-Marc Rouillan, Nathalie Ménigon et Joëlle Aubron) et la branche «lyonnaise» (essentiellement formée par André Olivier et Max Frérot).
Seule Nathalie Ménigon bénéficie d'une liberté conditionnelle
Des anciens membres d'Action Directe, seule Nathalie Ménigon bénéficie actuellement d'une libération conditionnelle dans la région toulousaine. Joëlle Aubron avait été libérée pour raisons de santé en juin 2004, et est décédée en mars 2006. Jean-Marc Rouillan, l'ex-mari de Nathalie Ménigon, s'est vu révoquer son régime de semi-liberté après une interview controversée parue dans l'Express.
Le 20 août prochain, la cour d'appel de Paris doit se prononcer sur la mesure de semi-liberté accordée le 30 avril dernier à Georges Cipriani, lui aussi animateur de la branche d'action directe spécialisée dans les hold-ups. Il a été condamné le 28 février 1987 à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une mesure de sûreté de 18 ans pour les assassinats, en 1985, de l'ingénieur général René Audran, et en 1986, de celui du PDG de Renault, Georges Besse.