«Final Fantasy», quand la musique du jeu vidéo s'offre le San Francisco Symphony

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Publié le 22 juillet 2009.

REPORTAGE - Un lieu prestigieux pour un concert inhabituel...

De notre correspondant à Los Angeles 

 

Il est sur scène, tout sourire dans son kimono blanc. La standing ovation n'en finit pas. La salle n'applaudit pas pour célébrer une énième interprétation d'un «concerto pour piano» de Mozart, qui résonne habituellement sous la voûte du prestigieux Davies Hall du San Francisco Symphony. Non, s'ils sont debout, c'est pour Nobuo Uematsu, le compositeur japonais de la bande son de la saga du jeu vidéo «Final Fantasy», qui était l'invité surprise du show «Distant Worlds: music from Final Fantasy», joué samedi par l'orchestre symphonique de la cité du Golden Gate.

 

Deux heures plus tôt. La salle s'assombrit. Seuls restent éclairés les 72 membres de l'orchestre, tout de noir vêtu. La baguette d'Arnie Roth, qui a dirigé les plus grands ensembles, de Londres à Sydney, démarre sa danse. Les voix de quatre solistes montent, bientôt rejoints par les roulements des tambours, les violons et la harpe. C'est «Liberi Fatali», pièce d'ouverture de «Final Fantasy VIII». Son apothéose finale n'a (presque) rien à envier au Requiem de Verdi ou à du Wagner.

 

 

Le show, qui met à jour sa playlist dans chaque ville où il fait escale, pioche dans tous les Final Fantasy et dans tous les genres. D'un medley sur les premiers épisodes jusqu'au dernier Final Fantasy XII, on passe du classique (Opera Maria&Draco), au romantisme (Aerith theme) au jazz (le thème de Chocobo –un oiseau/autruche mythique du jeu –remanié version big band).

 

Des images des jeux, projetées sur un écran géant, accompagnent la performance. Un voyage en pleine histoire du jeu vidéo. Les rires attendris fusent face à la bouillie de pixels des premiers épisodes, sortis dans les années 80, ou à la 3D cubique des personnages du septième opus (1997), vendu à près de 10 millions d'exemplaires.

 

 

Uematsu est un autodidacte, qui a démarré le piano à 11 ans. Au Japon, c'est une véritable star, aux côtés de Sakimoto et Mitsuda. En Asie, les bandes son des jeux vidéo ne sont pas considérées comme le parent pauvre de la musique. Et même à l'époque du bontempi, les plus populaires étaient souvent remaniées pour le commerce en version symphonique.

 

L'entracte révèle une audience des plus éclectiques. Ici quelques fans habillés comme les héros des jeux, là une septuagénaire en robe de gala –qui a visiblement un abonnement à l'année.

 

Le concert s'achève sur le féériques «Terra theme» Fausse alerte. L'orchestre livre un «encore» comme disent les Américains, avec le cultisme (pour les initiés) «One Winged Angel», thème de l'ultime combat contre Sephiroth, le vilain le plus populaire de la saga. La baguette d'Arnie Roth s'immobilise. Chef d'orchestre, c'est physique: il s'éponge le front. 3.000 personnes sont debout. Il a réussi son pari.

 


Etes-vous familiers de la saga et de sa musique? Jugez-vous les compositions à la hauteur des maîtres classiques?
Philippe Berry

De drôles de musiciens jouent de l'ocarina sur leur iPhone

A la fin du show, une centaine de spectateurs est restée pour apprendre à jouer de l'Ocarina. Nous vous avions déjà parlé de cette application pour l'iPhone, vendue à plus d'un million d'exemplaires, qui transforme le téléphone d'Apple en instrument à vent (via la micro). Les apprentis musiciens se sont essayés à Twinkle Twinkle Little Star. 20minutes.fr s'est joint à l'orchestre. Et après quelques canards, s'est cru de retour au collège.

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