Dégradations à Firminy: le ministère de la Ville prépare les travaux d'intérêt général

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Publié le 21 juillet 2009.

JUSTICE - Les jeunes ne sont pas encore passés devant le juge, mais le cabinet de Fadela Amara conçoit une peine clé en mains pour la justice, au cas où elle serait intéressée...

Réparer ce qui a été détruit lors des émeutes. Le cabinet du ministère de la Ville y tient, et prépare des peines clés en main pour la justice, alors que les mineurs impliqués n’ont pas encore été jugés. Mohamed Abdi, conseiller de la secrétaire d'Etat chargée de la politique de la ville, Fadela Amara, a confirmé à 20minutes.fr qu'il travaillait personnellement à «créer une action pédagogique» pour que les dégâts soient réparés par ceux qui auraient participé aux dégradations.
 
«Pas de commentaires tant que les décisions de justice n'ont pas été rendues»

«Ce n'est pas la première fois qu'il y a des émeutes spontanées de ce type, souligne le conseiller, et nous voulons faire de Firminy un exemple». Un exemple «ferme mais juste», d'une «dynamique collective». Mais Mohamed Abdi se défend de vouloir interférer avec la justice. «Je ne juge personne: la police et la justice s'occupent des voyous, je m'occupe des citoyens». L'idée est de réunir prochainement les acteurs locaux et le parquet pour envisager les détails de l'opération, qui pourrait s'appeler «J'aime ma ville de Firminy».

Préparer des travaux d'intérêt général pour des jeunes qui ne sont pas encore passés devant la justice, l'expérience est nouvelle. Rien ne dit que les juges condamneront ces mineurs à des travaux d’intérêt général. A moins qu’ils ne s’y sentent poussés. Le parquet de Saint-Etienne ne souhaite pas s'exprimer sur le dossier. Ironiquement, la Protection judiciaire de la jeunesse ne «peut pas faire de commentaires tant que les décisions de justice n'ont pas été rendues». Idem du côté du ministère de la Justice.
 
«Je fais confiance aux magistrats»


«Ca ne me choque pas», assure à 20minutes.fr Catherine Vandier, vice-présidente de l'Union syndicale des magistrats. Pour elle, c'est même «un vrai plus» au regard des difficultés qu'ont habituellement les juges d'applications des peines à trouver des travaux d'intérêt général «pédagogiques, qui plus est». Elle se veut même rassurante quant au risque d'une sévérité accrue de ses collègues, encouragés par ce pack de peines prêtes à l'emploi à condamner les jeunes - à des travaux d’intérêt général. «Je fais confiance aux magistrats», lâche-t-elle.
 
Il s'agira cependant de «respecter les dispositions légales» concernant notamment les travaux d'intérêt général pour les mineurs, et de veiller à ce que la peine ne soit pas «automatique», mais bien «proposée» aux magistrats, résume Catherine Vandier. Tout juste reconnaît-elle une possible «incitation» de ses collègues, encouragés par la perspective d'une peine appliquée à coup sûr. Une perspective qui pourrait d’autant plus les tenter que le nombre de condamnations sans suite fait justement polémique.
Julien Ménielle
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