CULTURE - Le spectacle vivant est fragilisé, déplorent les professionnels à la cité des papes...
En plein
festival d’Avignon, plusieurs centaines de travailleurs du spectacle vivant font triste mine. Ils trouvent que leur secteur est fragilisé par la politique du gouvernement et exigent un «plan de relance et de développement».
Une revendication qu’ils ont fait entendre via une assemblée générale réunie
à l'appel de la CGT-spectacle (salariés permanents et intermittents) et du S
yndicat national des entreprises artistiques et culturelles (Syndeac), dans la Cour d'honneur du Palais des papes, lieu emblématique du Festival d'Avignon.
Ce «plan de relance» tant désiré, c’est une façon de demander un plan B au ministère de la Culture, qui a pourtant clos la semaine dernière les négociations des Entretiens de Valois, censés préparer la réforme de l'action de l'Etat dans le domaine, en lien avec les professionnels et les collectivités locales.
Déception dans les rangs
«Quand ce gouvernement fait des réformes, ce sont plutôt des contre-réformes», a soupiré lors de l'AG le président du Syndeac, François Le Pillouër. «Nous avions proposé les
Entretiens de Valois, mais ils ont accouché d'un souriceau malade». Selon lui, «l'art rencontre de grands succès, le public est à nos côtés mais pour l'instant, tout ce qu'on nous propose, c'est la chronique d'une mort décidée».
Le président de la Fédération des employeurs du spectacle vivant privé et public (Feps), Jean-Marc Bador, a jugé la situation «réellement préoccupante»: «Le président (Nicolas Sarkozy) avait fait des avancées», a-t-il relevé, allusion au fait que le chef de l'Etat s'était dit en mars «ouvert à l'idée d'un plan de relance des arts et de la culture». Mais «pour l'instant, on ne voit pas en quoi il va nous aider à faire du spectacle vivant une réponse à la crise», contrairement à
ce qu’avait indiqué Sarkozy en février dernier.
Trois motions
A Avignon, l'AG s'est achevée sur le vote à mains levées, à l'unanimité moins quelques abstentions, de trois motions.
Ces textes réclament une «loi d'orientation et de programmation», un «plan de relance et de développement» et la «suppression du
Conseil pour la création artistique» animé par Marin Karmitz, considéré comme une «officine parallèle du président de la République» qui court-circuite le ministère de la Culture.
Frédéric Mitterrand, le nouveau ministre de la Culture, le sait: avec
Hadopi, le spectacle vivant et l’intermittence font partie des
dossiers prioritaires.
AA avec agence