POLEMIQUE - Selon un rapport de la Cour des comptes, les sondages OpinionWay commandés par la présidence et ceux qui paraissent dans le quotidien sont identiques...
Les journalistes du «
Figaro» ne veulent plus des sondages OpinionWay. Vendredi, la Société des Rédacteurs (SDR) du quotidien a demandé à sa direction «
de mettre immédiatement un terme» à leur publication, ceux-ci étant suspectés d'être «commandités» par «la présidence de la République». Le rapport de la Cour des comptes sur le budget 2008 de l'Elysée a en effet relevé jeudi que «sur les 35 études (d'opinion, ndlr) diverses facturées en 2008, au moins 15 d'entre elles avaient fait l'objet de publications dans la presse».
Pointant des dépenses inutiles, la Cour des comptes a indiqué
dans son document que «la comparaison des résultats publiés dans la presse et de ceux remis à la présidence ne faisait pas apparaître de différence». Une situation dénoncée par Delphine Batho, députée PS et porte-parole de Ségolène Royal comme «un système d'instrumentalisation de l'opinion et de connivence entre le pouvoir, un institut de sondage et certains médias».
OpinionWay se défend
L'institut de sondage n'a pas tardé à démentir ces accusations. Sur son site,
OpinionWay affirme que les prestations facturées à l'Elysées et aaux médias sont différentes. Le groupe, démentant l'accusation récurente de connivence avec la majorité, tient à préciser qu'il «compte parmi ses clients des acteurs positionnés aussi bien à droite qu’à gauche (par exemple la Fondation TerraNova, la Fondation Jean Jaurès, le Conseil Régional d’Ile-de-France, la Ville de Paris, le Nouvel Observateur, le site Bakchich Info, etc.)»
En décembre dernier, «Bakchich» s'était d'ailleurs vu infliger
une belle volée de bois vert de la part de ses internautes après la publication d'un sondage OpinionWay sur la popularité de Rachida Dati. Du côté du «Figaro», la SDR a fait part de sa «consternation» et a demandé à sa direction «de mettre immédiatement un terme à ce type de "coproduction" qui nuit gravement à la crédibilité des titres du groupe».
Julien Ménielle avec agence