«La question de fond maintenant, c’est de savoir pour quelles raisons il y a eu cet accident». Au lendemain de l’explosion du vapocraqueur de l’usine Total Petrochemicals France (TPF) en Moselle. Charles Foulard, responsable CGT chez Total ne cache pas ses inquiétudes. Alors que le juge chargé de l'enquête a annoncé ce jeudi qu'une information judiciaire allait bientôt être ouverte, il attend avec impatience les réponses à ses questions.
Car comme beaucoup, il s’interroge aujourd’hui sur la raison d’effectuer un redémarrage manuel et non automatique de l’appareil. Sur RTL, Jean-Marc Robert, directeur de la sécurité du groupe: «on ne redémarre jamais ces installations automatiquement, on le fait partie par partie». Mais cela ne convainc pas Charles Foulard. «D’autres surchauffeurs ont des unités de redémarrage automatique», rétorque-t-il.
Troisième accident mortel chez Total
Mais surtout, la CFDT rappelle que le groupe Total en est - avec cette explosion - à son troisième accident mortel cette année. Le premier a eu lieu début janvier à la raffinerie de La Mède (Bouches-du-Rhône) où un salarié a été retrouvé mort. Selon les premiers éléments de l’enquête, il aurait respiré de l’hydrogène sulfuré. Quelques semaines plus tard, l’explosion d’un atelier de maintenance avait fait un mort et cinq blessés dans un atelier de maintenance de Mardyck (Nord).
Pour le moment, le groupe Total tente de rassurer les syndicats. Ce jeudi, Christophe de Margerie, le directeur général du groupe, et Philippe Goebel, le PDG de TPF, se sont rendus à Carling où ils ont reçu les délégués syndicaux locaux. «Ils ont confirmé leur volonté de redémarrer le vapocraqueur dès que possible», déclare, soulagé, Marc Blanc, délégué syndical de la FCE-CFDT. Joint par 20minutes.fr, il explique: «il y a une telle pression sur la pétrochimie en Lorraine qu’on avait peur que cette explosion ne mène à une fermeture du site».
Le redémarrage ne pourra avoir lieu avant les conclusions de l’enquête judiciaire qui doit déterminer les raisons de cet accident. Celles-ci sont très attendues à Carling, mais aussi dans d’autres usines pétrochimiques en France. A Mardyck, le maire délégué Gérard Blanchard tempère: «Cela fait 30 ans que le vapocraqueur est là, c’est rare qu’il n’ait pas quelque chose. Cela fait partie de notre quotidien». Il admet tout de même que depuis l'explosion de l'usine AZF à Toulouse, «les gens sont plus concernés».