Après le taser, polémique autour du flashball

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Publié le 16 juillet 2009.

ARMES - Pour les forces de l'ordre, ils permettent de sauver des vies. Pour d'autres, ils peuvent tuer. Les deux sont sous le feu des critiques...

Depuis son apparition, le taser alimente la polémique. C'est aujourd'hui au tour du flashball de se retrouver malmené. Depuis le mois de mars, au moins 5 personnes ont été blessées au visage à cause de cette arme. Le dernier en date est le réalisateur de 34 ans, Joachim Gatti, qui a perdu l'usage d'un œil à Montreuil (Seine-Saint-Denis) le 8 juillet dernier, alors qu'il participait à une action de soutien à des expulsés d'un squat.
 
Devant le nombre croissant d'incidents, le député communiste Jean-Pierre Brard a demandé mercredi au ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, «le retrait de cette arme qui peut tuer». «Rien ne légitime que des gens deviennent infirmes. Nous ne sommes pas en état de guerre civile», a-t-il insisté auprès de 20minutes.fr.
 
Huit blessés en France, deux morts dans le monde
 
Le flashball, ou «lanceur de balle de défense», est né au début des années 90. «L'idée était de créer une arme de défense pour mettre K.O. son agresseur», explique Jean Verney-Carron, directeur général de Verney-Carron, fabricant d'armes de chasse depuis six générations et développeur du flashball.
 
Après plusieurs années de tests par les policiers, il est finalement généralisé aux forces de l'ordre en 2002. Cette arme de 4e catégorie est composée d'un double canon et d'un lanceur. Les balles de calibre 44 mm, en caoutchouc, sont dîtes «sub-létales»: elles peuvent provoquer des traumatismes mais pas entraîner la mort.
 
En théorie. Car depuis 2002, Amnesty International recense 8 blessés en France et 2 morts dans le monde (Etats-Unis et Israël). «Le flashball est souvent sorti lors de simples opérations de maintien de l'ordre. C'est complètement absurde», explique Christophe Saint-Martin, responsable de la commission armes à Amnesty International.
 
Tirer à plus de 7 mètres
 
De son côté, la police est formelle: les conditions d'utilisation de cette arme sont précises. «Il est interdit de tirer à moins de 7m. Il faut un cadre de légitime défense. Enfin, on doit tirer en visant entre le torse et le ventre», assure Thierry Mazé, secrétaire national d'Alliance Paris et petite couronne. Les tirs en direction du visage sont donc proscrits.
 
«Dans le cas de Montreuil, l'individu s'est sans doute penché au moment de l'impact. C'est ce qui explique la blessure à l'œil, poursuit Thierry Mazé. Ces armes de défense ont permis d'éviter beaucoup de drames.» Pour lui, le tazer, tout comme le flashball, «ont fait leurs preuves pendant les violences urbaines de 2005».
William Molinié
Nouveau flashball Un nouveau modèle de flashball, plus puissant, serait déjà dans les cartons des forces de l'ordre. Le LBD 40 est une arme beaucoup plus précise et pourrait tirer des balles de 40 mm. Un calibre qui est aujourd'hui le standard des pistolets des policiers.
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