EDUCATION - Selon le syndicat étudiant, elles pratiquent entre 10 et plus de 4.500 euros de dépassement...
C'est un peu mieux que l'année précédente. Selon le traditionnel rapport de
l'Unef sur les universités qui pratiquent des frais illégaux d'inscription, publié ce jeudi, 29 sont épinglées en 2009, contre 32 en 2008. Le phénomène s'est donc «stabilisé», selon Jean-Baptiste Prévost, président du syndicat étudiant de gauche. Mais de son avis, les rappels à l'ordre de Valérie Pécresse sur cette question n'ont pas suffi. «Douze universités qui pratiquaient des dépassements en 2008 se retrouvent dans le rapport 2009», indique Jean-Baptiste Prévost, appelant la ministre de l'Enseignement supérieur à passer à la vitesse supérieure en demandant aux recteurs de saisir les tribunaux administratifs dans certains cas de figure.
Les montants des dépassements sont très variables. Cela va de 10 à 50 euros réclamés pour des frais de dossiers à plusieurs milliers d'euros à verser en contrepartie de prestations supplémentaires. L'Unef cite cinq universités qui se détachent du lot en demandant des droits complémentaires dépassant 1.000 euros.
Surtout les filières professionnelles
C'est le cas notamment des
Instituts d'administration des entreprises (IAE) des universités de Grenoble 2 (4.558,93 euros de frais supplémentaires) et d'Aix-Marseille III (3.700 euros). «Ils justifient ces pratiques par le besoin de concurrencer les écoles de commerce. Là, on n'est plus dans une logique de déficit budgétaire mais une volonté de faire payer plus pour être plus attractif», dénonce Jean-Baptiste Prévost.
Le syndicat étudiant relève que, de manière générale, les filières professionnelles comme les IUT, les licences professionnelles et certains masters sont plus sujettes à ce genre de pratiques car elles proposent des prestations liées à l'insertion professionnelles. Or, certains services comme l'accès aux stages et aux coordonnées des entreprises font partie de la mission de service public de l'université, estime l'Unef.
C'est l'un des trois critères retenus pour définir les frais illégaux d'inscription: hormis leur caractère obligatoire et le fait que les prestations supplémentaires ne sont pas clairement définies, ils relèvent souvent de ce qui devrait être proposé gratuitement par l'université dans le cadre de sa mission de service public.
C. F.