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Retour au calme à Boulogne après la manifestation des «Fabris» de Châtellerault

Les salariés de de l'usine New Fabris de Châtellerault défilent à Boulogne-Billancourt, le 16 juillet 2009.
Les salariés de de l'usine New Fabris de Châtellerault défilent à Boulogne-Billancourt, le 16 juillet 2009. /O. Raffin/20minutes.fr

SOCIAL - Ils envisagent maintenant d'aller chez PSA à Poissy...

Ils sont environ 180 à avoir fait le déplacement. Des salariés de l'usine New Fabris, spécialisée dans la fabrication de pièces mécaniques pour l'automobile et basée à Châtellerault, se sont rendus à Boulogne-Billancourt ce jeudi matin pour demander «un geste» à Renault, son principal client avec PSA.

Menaces d'affrontements

Ils sont repartis bredouilles. Reçus par la direction à 11h, ils se sont vus proposer la même chose que chez Peugeot, soit rachat du stock. Ce qui équivaudrait, selon les délégués syndicaux présents sur place, 6.600 euros d'indemnité par employé, alors qu'ils en réclament 30.000 euros, faute de quoi ils menacent de faire sauter l'usine au 31 juillet. «C'est pas du bluff, on est prêt à aller jusqu'au bout», a confié un salarié à 20minutes.fr.

Selon notre journaliste sur place, l'ambiance était tendue à l'issue de la réunion. Les salariés ont décidé spontanément de bloquer l'avenue du Général-Leclerc à Boulogne en s'installant au rond-point situé à l'angle de cette artère et du boulevard Jean-Jaurès. Les CRS ont commencé à se déployer, tant bien que mal, et ont menacé de recourir aux bombes lacrymogènes. Un concessionnaire Renault a baissé le rideau au passage des manifestants. Après deux heures de mobilisation, les salariés ont fait marche arrière vers leurs bus, évoquant la possibilité de se rendre chez PSA à Poissy.

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>> A venir, notre reportage vidéo sur le déplacement des Fabris à Boulogne

Le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi, a exigé le retrait des bonbonnes de gaz sur le site. «Il est hors de question qu'on les enlève», a lancé Guy Eyermann, délégué CGT et secrétaire du CE. Sur le toit d'un petit atelier, on peut toujours apercevoir six bouteilles de gaz reliées entre elles.

Une délégation de salariés a toutefois rendez-vous lundi 20 juillet au cabinet du ministre de l'Industrie. «On ne menace pas le gouvernement. On espère pouvoir expliquer notre situation et être entendu», a conclu le responsable syndical.

Les salariés de Nortel, eux, ont rendez-vous dès ce jeudi avec Christian Estrosi. La veille, ils ont accepté de retirer les bonbonnes de gaz, après avoir obtenu une réunion avec l'administrateur français et l'administrateur anglais du groupe. «Les bonbonnes étaient de toute façon vide», avait confié à E24.fr un responsable du collectif des salariés en grève. Cette réunion avec les administrateurs n'a pourtant rien donné. «On n'est parvenu à aucun accord», a déclaré à l'AFP Farid Bazizi, un des représentants des salariés grévistes. Les «Nortel» demandent une indemnité individuelle de 100.000 euros, alors que les administrateurs ont fait une proposition à 10.000 euros par employé.

Wauquiez dénonce ce «chantage à la bonbonne de gaz»

«Un chantage à la bonbonne de gaz, c'est pas ça qui permet d'arracher une prime et permet une reconversion», a pour sa part jugé jeudi sur LCI le secrétaire d'Etat à l'Emploi Laurent Wauquiez, en ajoutant que menaces et chantage n'étaient «pas un élément du dialogue social acceptable».

Interrogé sur le rôle du gouvernement, notamment en tant qu'actionnaire de Renault, client de New Fabris, Laurent Wauquiez a estimé que son «rôle n'était pas de s'amuser à faire la pression pour que telle ou telle prime soit versée» mais de «s'assurer que les salariés qui perdent leur emploi puissent bénéficier des meilleurs outils pour rebondir et avoir une reconversion».


O. R. (sur place) et C .F. (avec agence)
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