Les premiers pas d'une eurodéputée verte dans le sillage de ses aînés
Créé le 14.07.09 à 19h32
Mis à jour le 15.07.09 à 15h27
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REPORTAGE – Sandrine Bélier est l'une des nouveaux eurodéputés ayant fait leur rentrée ce mardi à Strasbourg. Nous l'avons suivi dans le dédale de couloirs de l'institution européenne...
De notre envoyée spéciale à Strasbourg
Téléphone portable dans une main, agenda dans l’autre, Sandrine Bélier ne sait où donner de la tête. Entourée de deux assistantes et de son attaché de presse, elle tente d’y voir un peu plus clair dans le programme de cette journée un peu spéciale. C’est ce mardi qu’elle prend officiellement ses fonctions de députée européenne. Une grande première pour cette jeune femme, juriste de l’environnement de formation.
Le labyrinthe du Parlement
Ce n’est pas avec un cartable sur le dos qu’elle fait sa rentrée, mais avec un sac en bandoulière accrochée à l’épaule et une cigarette à la main. «Tout le monde à un grand sourire, c’est un peu comme la rentrée des classes», confie l’une de ses assistantes. Une rentrée plutôt musclée pour les nouveaux députés qui ont commencé la journée
par l’élection de leur nouveau président. À peine sortie de l’hémicycle, Sandrine Bélier a rendez-vous avec José Bové dans l’immense cour du Parlement. Ensemble ils doivent rencontrer des producteurs de lait qui manifestent à quelques dizaines de mètres du bâtiment.
Au pas de course, la députée et ses assistants se faufilent entre les dizaines de journalistes et de parlementaires qui ont envahi les passerelles autour de l’hémicycle. Mais le bâtiment immense est encore nouveau pour le petit groupe qui ne manque pas de se perdre. «On va bien finir par se repérer», lâche, sourire aux lèvres, Christophe Nonnenmacher, attaché de presse de la députée. L’équipe tâtonne. Les repères ne sont pas encore pris.
Se faire un nom aux côtés de Bové ou Cohn-Bendit
Aux côtés de José Bové, Sandrine Bélier va
à la rencontre des producteurs. Dans la foule, ils n’en ont que pour le célèbre moustachu. «Certaines personnes me reconnaissent, mais c’est vrai que les regards se focalisent sur des personnalités comme José ou encore Eva (Joly) ou Daniel (Cohn-Bendit), confie la députée. Mais je sais que je suis nouvelle et qu’il faut que je fasse mes preuves sur le terrain», souligne-t-elle.
Le terrain justement, cette jeune femme de 35 ans y tient. Deux assistants à Bruxelles, une à Strasbourg et un attaché de presse entre Paris et l’Est, la députée veut rester connectée à la réalité. «Après sa carrière dans l’associatif (elle était directrice fédérale de France nature environnement, ndlr), elle veut rester présente sur le terrain», explique Christophe Nonnenmacher. Le but sera aussi de se faire son trou aux côtés de ses aînés très médiatiques.
Eurodéputée écolo mais high-tech
Ecolo, la députée défend aussi la liberté sur Internet. Farouchement opposée à la loi Hadopi, elle est, pour le moment, la seule députée européenne française à avoir signé le Pacte pour les libertés numériques, du réseau des pirates. «Je ne télécharge pas, mais je soutiens la démarche», précise l’intéressée. Pour elle, son utilisation du web passe par les nouveaux réseaux sociaux comme Facebook, ou le site de micro-blogging «Twitter»,
qu’elle tient à jour. «Quand elle est dans l’hémicycle et qu’elle ne peut pas twitter elle-même, elle m’envoie des textos et je le fais pour elle. Mais généralement elle le fait elle-même», souligne Christophe Nonnenmacher.
Contrairement à une vraie rentrée des classes, la session inaugurale du nouveau Parlement est directement suivie par les vacances d’été. Le prochain rendez-vous est donc fixé à septembre. De quoi laisser le temps aux «petits nouveaux» de prendre leurs marques dans le dédale de couloirs du Parlement. La première session de l’automne devrait être consacrée au vote des parlementaires sur la présidence de la Commission européenne. Une séance qui s’annonce musclée, puisque les eurodéputés sont très divisés sur
le renouvellement du mandat du Portugais José Manuel Barroso.
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