Orelsan: Ségolène Royal n'a pas fait de «chantage» aux organisateurs des Francofolies

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Publié le 14 juillet 2009.

POLÉMIQUE - C'est ce qu'affirme le patron des Francos alors que l'ex-candidate à la présidentielle estime que l'UMP et Jack Lang ont «perdu une occasion de se taire»...

«Après la déprogrammation d’un rappeur du festival des Francofolies, Ségolène Royal appelle chacun à garder son calme et à ne pas raconter n’importe quoi». Après les multiples accusations dont elle fait l’objet depuis deux jours, Ségolène Royal contre-attaque. La présidente PS de la région Poitou-Charentes s'est défendue mardi de tout «chantage» pour obtenir la déprogrammation d'Orelsan des Francofolies de La Rochelle.

«Toutes les affirmations de menace pour obtenir la déprogrammation du rappeur, de même que toutes les allégations de chantage à la subvention sont fausses et diffamatoires», estime-t-elle dans un communiqué où elle règle également ses comptes.

«Chantage à la subvention»

«Tous ceux qui se sont déclarés solidaires de ce rappeur, MM. Lefebvre et Paillé de l’UMP, mais aussi Lang ont perdu une occasion de se taire». Le porte-parole du parti présidentiel, Frédéric Lefebvre, et son adjoint, Dominique Paillé, avaient jugé dimanche «intolérable» que le rappeur, auteur du morceau controversé «Sale pute», ne soit pas autorisé à se produire, accusant Ségolène Royal d'avoir exercé «un chantage à la subvention».

L'ancien ministre de la Culture socialiste Jack Lang avait lui aussi dénoncé «une atteinte à la liberté de communication et d'expression».

Satisfaite de la déprogrammation

Le communiqué de la présidente de la région Poitou Charentes précise également que «Ségolène Royal assume avoir sollicité des informations auprès des organisateurs des Francofolies (...) et avoir exprimé sa satisfaction à l’annonce de la déprogrammation du rappeur d’un des plus importants festivals de la région qu’elle préside. La lutte contre les violences faites aux femmes ne souffre aucune faiblesse et aucun compromis».

Dans «Sale pute», chanson qu'il ne joue plus sur scène et qui n'est pas dans son album «Perdu d'avance», Orelsan accable d'injures et de menaces une jeune femme qui l'a trompé.

Le soutien de Lepage

La vice-présidente du Modem, Corinne Lepage, a apporté mardi dans un communiqué son «soutien» à «la position courageuse de Ségolène Royal».

«Si la liberté d'expression est une nécessité absolue, la valorisation de propos injurieux et haineux ou encore faisant l'apologie de violences sexistes et sexuelles n'en n'est pas une (...) à une époque où la violence contre les femmes est une réalité quotidienne. Il ne s'agit pas de censurer car Orelsan chante ce qu'il veut, mais d'éviter de lui donner une publicité qu'il ne mérite vraiment pas», estime l'eurodéputée du parti de François Bayrou.

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Emboîtant le pas à Ségolène Royal, le patron des Francofolies de La Rochelle, Gérard Pont, a affirmé mardi que la déprogrammation d’Orelsan n'avait été guidée «ni par des pressions ni par une volonté de censure» et qu'il avait pris la décision «seul» afin que «le festival se passe sereinement».

«On peut penser que j'ai pris une mauvaise décision», a déclaré Gérard Pont lors de la conférence de presse d’après festival, «mais s'il vous plaît, ne pensez pas que je suis un censeur ni que je gère le festival selon des pressions politiques».

«Qu'elle garde ses subventions, Ségolène, je m'en fous»

Il nie avoir fait l'objet de pressions de la présidente socialiste de la région Poitou-Charentes. «Ségolène Royal ne m'a jamais appelé, même si elle dit le contraire.» Et d’ajouter, les larmes aux yeux: «Qu'elle garde ses subventions, Ségolène, je m'en fous».

Selon Gérard Pont, la présence du rappeur a commencé à se savoir, ce qui a fait naître des craintes d'une forte mobilisation policière lors du concert, ce que ne souhaitait pas Frédéric Charpail, autre dirigeant des Francos. Mais il a décidé «tout seul, devant (son) café à 8 heures du matin, d'annuler ce concert, sur un coup de tête».

Le droit à l’erreur

«Je pense avoir pris la bonne décision pour le festival, mais pas pour moi: il s'est passé sereinement pour les festivaliers mais pas sereinement pour moi», renchérit Gérard Pont. «C'était une décision naïve, banale. Désolé que la réalité soit si minable. Ca fait cinq ans que je dirige ce festival, j'apprends encore. On donne le droit à l'erreur à Orelsan, j'ai moi aussi le droit à l'erreur».

Et de conclure: «Orelsan, on l'invite quand il veut à partir du moment où les concerts se passent dans la sérénité».

De son côté, Frédéric Charpail a expliqué: «J'ai poussé un peu Gérard et il a pris cette décision. Il n'y a pas eu de pressions. J'ai peut-être rapporté des sentiments un peu rapidement. J'ai vécu des festivals avec des CRS à la sortie de la grande scène, et ça on ne le veut plus».

NB (avec agence)
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