VIOLENCES - Adrien Morin était l'un des témoins privilégiés des affrontements lundi...
Il ne devait que couvrir l’évènement, il s’est retrouvé en garde à vue. Adrien Morin, journaliste stagiaire à la rédaction du «Monde» couvrait la
manifestation organisée lundi à Montreuil (Seine-Saint-Denis) contre les «violences policières» quand il a été arrêté par les forces de l’ordre. Sur le
monde.fr, il raconte cette expérience.
«J'ai soudain été plaqué au sol et j'ai entendu un policier dire : “Toi aussi, tu viens avec nous”». Il a beau répéter qu’il est journaliste et qu’il est là pour couvrir les évènements, rien n’y fait. Vers 22h15, il est embarqué dans un fourgon, dans lequel se trouvent déjà trois policiers et deux manifestants.
«Caleçon sur les genoux»
Après avoir été conduit dans une salle de fouille, lui et les autres manifestants interpellés auraient été déshabillés et fouillés, «caleçons sur les genoux». Plusieurs fois, il répète qu’il est journaliste mais personne ne l’écoute jusqu’à ce qu’on lui propose de rencontrer son avocat. «J'ai rencontré Dominique Tricaud (qui est également l’avocat de Julien Dray, ndlr), dans une pièce à part, sans caméras, sans policiers, explique-t-il. C'était la première fois que quelqu'un m'écoutait.»
Mais les choses ne rentrent pas dans l’ordre si rapidement et il faut encore que le journaliste attende un tête-à-tête avec un policier et une deuxième rencontre avec son avocat pour sortir. «J'ai vu une deuxième fois l'avocat, qui m'a dit qu'il avait fait son possible auprès du procureur et qui m'a un peu remonté le moral. Je suis sorti à 6h30 du matin».
E. L.