TOUR DE FRANCE - Quel regard porte la grande famille du vélo sur la course?
Arnaud Tournant (pistard): «Les Français animent les étapes, ça me plaît»
«Oui, j’essaye de suivre. Je suis en plein déménagement, mais entre deux cartons, je garde un oeil sur la course. J’ai été invité à suivre la 15e étape, entre Pontarlier et Verbier. Et j’ai participé avec une association d’enfants malades au contre-la-montre par équipes de Montpellier. La pratique et les qualités exigées sur piste sont les mêmes que sur route. Mais chez nous, c’est plus du sprint, comme dans un 100m en athlétisme, alors que le Tour ressemble plus à une épreuve de marathon. On appartient à la même famille du vélo. La principale différence, pour moi, c'est la médiatisation, le public au bord des routes. Je n’ai pas de favori en particulier. Mon envie première, en tant que spectateur et ancien coureur professionnel, c'est de voir un beau Tour, qui donne du beau spectacle avec du suspense. Et puis, on a vu des Français animer des étapes. C'est ce qui me plaît le plus. Car j’ai envie que ce Tour donne une belle image du vélo. Quand j’étais professionnel, mon sponsor était Cofidis, qui est encore aujourd’hui sur le Tour. Je connais très bien les coureurs de cette équipe. Comme ceux qui ont fait de la piste, Christophe Riblon (AG2R) et Saïd Haddou (Bbox). Ils se sont tournés vers la route et ont très bien réussi leur reconversion. Je les suis plus particulièrement.»
Frédéric Beleaubre (triathlète): «La rivalité entre Armstrong et Contador n’existe pas»
«Dès que je peux, je suis devant la télé. Dimanche j’étais en Autriche, dans ma chambre d’hôtel pour voir l’étape. On est du même monde, celui des sports d’endurance. Je ne me compare pas à eux parce que mon niveau en vélo est largement inférieur. Mais l’état d’esprit et les capacités physiologiques sont les mêmes. Je connais bien Romain Feillu et son frère avec qui j’ai fait quelques sorties d’entraînement. Je côtoie aussi Jean-Patrick Nazon qui s’est mis au triathlon. A propos de la course, j’ai ma petite analyse, mais j’ai presque honte de la dévoiler parce que tout le monde se fiche de moi… En fait, j’ai l’impression que la rivalité entre Armstrong et Contador n’existe pas. Pour l’équipe Astana, je crois qu’il est plus intéressant que Lance gagne. Et à mon avis, c’est ce qui va arriver. Mais bon, voilà. C’est juste histoire d’avoir un avis différent de tout le monde…»
Julien Absalon (vététiste): «En VTT, Evans était déjà très attentiste»
«Je m’entraîne le matin donc je peux regarder l’arrivée des étapes. A l’entraînement, je passe plus de temps sur la route que sur le VTT. Je roule souvent avec Sébastien Joly (contraint à l'abandon lors de la 7e étape) que j’ai rencontré lors d’une interview croisée. On a la même vision du vélo. Après quand je regarde le Tour, ça ne me donne pas forcément envie. Si j’avais voulu, j’aurais pu passer pro après mon premier titre olympique. J’ai reçu pas mal de propositions d’équipes françaises. Mais ça ne m’intéresse pas vraiment. Sur le Tour, je suis les anciens vététistes, comme Yuri Trofimov et Cadel Evans. A l’époque, Evans était déjà très attentiste. Il était régulier, ça oui. Donc je ne suis pas étonné de le voir courir comme ça aujourd’hui. J’ai plutôt été déçu par les Pyrénées où personne n’a vraiment osé attaquer les Astana. Eux montent au train et les autres subissent. Ils ne tentent même pas.»
Recueilli par Alexandra Patard et Romain Scotto