New Fabris: Les salariés menacent de faire sauter leur usine

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Publié le 12 juillet 2009.

SOCIAL - Alors que leur entreprise est en liquidation judiciaire, ils réclament 30.000 euros d'indemnité par employé à PSA et Renault, leurs principaux clients...

«Les bouteilles de gaz sont dans l'usine. Tout est prévu pour que ça saute». Voilà ce que déclare Guy Eyermann, délégué CGT et secrétaire du CE de New Fabris, une entreprise située à Chatellerault (Vienne) et qui a été placée en liquidation judiciaire le 16 juin dernier. Les 366 salariés réclament depuis 30.000 euros d'indemnité par employé à leurs principaux clients, PSA et Renault. Et désormais, ils menacent: s’ils n’obtiennent pas gain de cause, ils feront sauter l'usine au 31 juillet.

«On ne va pas laisser PSA et Renault attendre août ou septembre pour récupérer les pièces en stock et les machines encore dans l'usine (...) Si, nous, on n'a rien, eux n'auront rien du tout», a poursuivi  le responsable syndical, interrogé par l’AFP.

L’exemple Rencast

Pour tenter de négocier l'indemnité, trois cars, soit environ 150 salariés, se sont rendus mardi dernier à la direction de PSA et une délégation similaire se rendra à la direction de Renault jeudi prochain. Les salariés ont également rendez-vous au ministère de l'Emploi le 20 juillet. «On va demander au ministère de faire pression sur PSA et Renault qui ont reçu des aides de l'Etat», a-t-il ajouté.

Pour réclamer l'indemnité de 30.000 euros, les salariés se basent sur les sommes versées selon eux par Renault et PSA à quelque 200 salariés licenciés du groupe Rencast, également spécialiste de la fonderie en aluminium pour l'automobile.

Un feu d’artifice à quatre millions d’euros?

À Chatellerault, la valeur des pièces fabriquées et stockées dans l'usine est estimée par les constructeurs automobiles à deux millions d'euros. L'usine abrite également une machine neuve de Renault estimée aussi à deux millions d’euros, selon le représentant syndical.

Les salariés de New Fabris occupent en permanence l'usine, qui travaillait à 90% pour Renault et PSA, depuis sa mise en liquidation par le tribunal de commerce de Lyon le 16 juin dernier.

Début 2008, le tribunal de commerce de Nanterre (Hauts-de-Seine) avait ordonné la reprise de la société Fabris par le groupe italien Zen, spécialisé dans la mécanique de précision et l'usinage en sous-traitance automobile. Zen avait repris 380 salariés sur les 416 de Fabris, mis en liquidation judiciaire début août 2007 avec poursuite d'activité. Zen avait également repris, en juillet 2008, le groupe Rencast mis en liquidation en mars 2009, avant d'être repris jeudi dernier par le groupe stéphanois GMD, spécialisé dans le découpage et l'emboutissage.

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