Evidemment, si on commence par dire qu'un écrit de Voltaire nous a mis les larmes aux yeux, ça pourrait en étonner plus d'un. Vous vous souvenez des contes philosophiques de Voltaire, qu'un jour ou l'autre on a croisé dans une classe de collège... C'était au mieux sympathique, voire intéressant mais rarement bouleversant.
L'adaptation pour la scène de Jean Cosmos du conte l'Ingénu donne une nouvelle jeunesse à l'une des histoires les plus profondes du philosophe français. On y découvre une vieille femme lubrique, un curé bon vivant, une cour corrompue et deux amants naïfs et purs. Au centre, l'Ingénu, un Huron venu d'Amérique, qui rencontre en Bretagne un oncle et une tante mais surtout l'Amour avec un grand A. Bravant tous les dangers pour épouser sa belle, l'Indien idéaliste découvre avec amertume la fausseté de la religion et des hommes. Arnaud Denis, un jeune et brillant metteur en scène, enrichit un texte déjà fort d'une touche d'hilarité et de notes émouvantes. Il tire partie de décors inventifs pour faire voyager son public de Saint-Malo à Versailles.
Un narrateur dirige les onze comédiens, facilitant les transitions et soulignant ainsi la mise en abîme. Et pourtant, on oublie très vite la salle de théâtre pour se laisser emporter par la mise en scène très rythmée. Et embrasser la cause de ce jeune fou, qui croit pouvoir vivre comme bon lui semble. Arnaud Denis dit vouloir conquérir un public qui ne va généralement pas au théâtre. Pari largement tenu. Il y a même des chances pour qu'il fasse adorer aux collégiens ce conte voltairien plein de drôlerie et d'humanité. Parions que cet Ingénu marquera la carrière qu'on souhaite belle d'Arnaud Denis. Pour lui et pour nous.
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Carte postale de campagne, avec doute et lassitude
... et dédicace amicale à Pierre Mansat ;-) Les lecteurs de Paris est sa banlieue ne seron...
publié le : 09-02-2010 21:58
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