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Quand le lyrique rencontre la «Star Ac'»

Attention, un ovni vient de débarquer au Châtelet. Ou plutôt un opéra contemporain audacieux. Gérard Pesson à la partition, Pierrick Sorin à la mise en scène, Kamel Ouali pour la chorégraphie, les différents univers se marient pour donner Pastorale, un spectacle inspiré du roman d'Honoré d'Urfé, où le hip-hop côtoie les solos lyriques d'Astrée, qui évolue dans un décor vidéo très écolo.

C'est le deuxième opéra que l'artiste vidéaste Pierrick Sorin met en scène, après La Pietra del Paragone de Rossini. « Je voulais plonger le public dans un univers poétique et comique. J'ai travaillé en pensant aux spectateurs peu sensibles à la musique contemporaine, assez difficile d'accès. J'ai donc essayé de les emmener dans un spectacle très visuel, sans quoi ils décrochent. Au risque que la vidéo prenne trop de place », raconte Pierrick Sorin. L'artiste utilise, ici, comme souvent, des surimpressions et des images en direct. « Etant donné qu'on est dans du spectacle vivant, j'imagine mal travailler avec des images préexistantes. Autant faire du cinéma... Les images en direct permettent, en principe, d'être en harmonie avec les chanteurs. » Et le metteur en scène s'amuse à faire participer le spectateur. Avant chaque représentation, certains seront photographiés, et leurs visages ainsi incrustés dans les décors de l'opéra. « Je trouvais plus drôle que les spectateurs participent directement », explique-t-il. Le résultat de cette rencontre détonante est éclectique. « Le risque existe que le public reste sur sa faim. Car il ne verra qu'une partie de Sorin, une partie de Ouali ou de Pesson. » Verdict ce soir.

Oihana Gabriel
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