POLITIQUE - Le parti anticapitaliste assure qu'il est trop tôt pour en juger, et fait des efforts pour offrir à ses adhérents l'unité à gauche qu'ils réclament...
Le NPA l'assure: il n'y a aucune «hémorragie» de militants dans ses rangs. Plus tôt dans la journée, ce mercredi,
Europe1 annonçait pourtant que 3.000 des 9.000 adhérents revendiqués par le parti anticapitaliste avaient rendu leur carte après les européennes.
Le point à l'automne
«Nous démentons catégoriquement ces allégations qui ne se basent sur aucune enquête sérieuse», a réagi le NPA dans un communiqué. Le parti assure que «la campagne de remise des cartes 2009» vient de démarrer et qu'aucun chiffre n'est disponible pour le moment. «Nous ferons le point à l'automne en toute transparence», assure-t-il.
Pierre-François Grond, un cadre du NPA, reconnaît «quelques départs», mais indique que «de nouvelles cartes viennent les compenser», et maintient donc un chiffre compris entre «9.000 et 10.000 militants». Alain Krivine, l'un des leaders historiques du mouvement,
annonce de son côté qu'il n'y a pas eu plus de quelques dizaines de départs depuis le congrès fondateur, en février dernier.
Le «poids politique démesuré» d'Olivier Besancenot
La presse s'était
fait l'écho, les 20 et 21 juin, de la démission de quatre membres du conseil politique national. L'un d'entre eux, syndicaliste CGT, avait déploré le score aux européennes, «pas digne du projet qui était celui du NPA». «L'alliance entre le mouvement social et le politique à laquelle avait appelé Olivier Besancenot a volé en éclats pour une affirmation identitaire et sectaire», avait-il regretté.
Le NPA s'était également vu reprocher, quelques jours plus tard, son «affirmation durable d'une ligne de division» de la gauche du PS, dans une lettre publiée par des militants de Clermont-Ferrand. Ces derniers s'inquiétaient par ailleurs du «poids politique démesuré dans les débats internes» pris par Olivier Besancenot dans le fonctionnement du nouveau parti.
Des efforts d'unité
«On sent une bonne digestion de l'après-européennes chez les adhérents», assure pourtant Pierre-François Grond. Et pour faciliter leur transit, le NPA s'efforce déjà de montrer des volontés d'unité avec le reste de «la gauche anticapitaliste». Après
s'être entendu avec le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon, le parti a rencontré lundi le
Parti communiste français, l'autre force du Front de gauche.
«Le NPA et le PCF veulent travailler à la constitution de fronts unitaires contre la politique de Sarkozy et de son gouvernement», ont-ils assuré dans une
déclaration commune. Dans l'optique des régionales de 2010, l'idée de «listes unitaires indépendantes composée du PCF, du NPA, du PG, de LO» y est également réaffirmée. Mais pour Olivier Besancenot, une «question-clef» est en suspend: celle de l'indépendance vis-à-vis des socialistes. Tel est le prix de la belle unité à gauche de la gauche réclamée par les militants.
Julien Ménielle