Les pays industrialisés vont-ils enfin parvenir à un accord ambitieux en matière de lutte contre le réchauffement de la planète? C’est le chemin que semble prendre le G8. Lors du sommet des huit pays industrialisés qui se tient à L’Aquila jusqu’à vendredi, les dirigeants ont promis de réduire «de 80% ou plus» leurs émissions de gaz à effet de serre.
Ils ont jugé que le réchauffement de la planète ne devait pas dépasser les 2 degrés au-dessus de la température du niveau pré-industriel. Ils se sont donc rangés à l’avis de 23 scientifiques internationaux qui, mardi, avaient appelé le G20 à prendre cette décision.
Une victoire en demi-teinte
C’est pourtant une victoire en demi-teinte pour les acteurs de la lutte contre le réchauffement climatique. Tout d’abord parce que le texte laisse la possibilité de se référer à 1990 ou «à des années plus récentes». Une phrase qui permettra aux Etats-Unis de prendre pour repère l'année 2005, une référence moins exigeante que 1990. Et qui correspond au plan national de lutte contre le réchauffement climatique que Barack Obama a récemment mis en place.
Surtout, Réseau Action Climat, qui regroupe des associations luttant contre le changement climatique, juge l’objectif de 80% «insuffisant». «Il faudrait tabler sur 95% de réduction pour limiter le réchauffement de la planète à 2°C», explique Morgane Creach à 20minutes.fr, ajoutant que «80%, c’est la fourchette basse». Les organisations attendent maintenant de savoir si les pays développés vont prendre des engagements à moyen terme. «Les objectifs d’ici 2020 sont les plus importants, s’exclame Morgane Creach. C’est la case indispensable pour pouvoir avancer vers 2050».
Le temps presse
Une case d’autant plus importante qu’elle permet de préparer le sommet de Copenhague qui doit avoir lieu en décembre prochain. L’ONU devra y finaliser un accord mondial contre le réchauffement climatique. Mais avant cela, il faut que le G8 envoie un signal. «Nous attendons qu’ils s’engagent à soutenir les pays en développement» dans la lutte contre le réchauffement, analyse Morgane Creach. «Sinon, les choses risquent de capoter à Copenhague».
Or le temps presse. Depuis la signature du Protocole de Kyoto en 1997, les émissions de GES ont progressé trois fois plus vite que durant la décennie précédente. Mardi, la Nasa a d'ailleurs dévoilé des mesures révélant une réduction de 68 centimètres de l’épaisseur des glaces arctiques entre 2004 et 2008, et la disparition d'une surface de banquise équivalente à trois fois celle de la France.