Une étudiante accusée d'espionnage en Iran

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Publié le 8 juillet 2009.

Cela fait une semaine qu'elle est enfermée dans les geôles iraniennes. La mobilisation a enflé hier pour tenter de faire libérer Clotilde Reiss, 23 ans, universitaire française accusée d'espionnage, et maintenue en détention depuis le 1er juillet en Iran. Hier, Nicolas Sarkozy en personne a exigé la libération « à très bref délai » de la jeune femme, qualifiant les accusations lancées contre elle par les autorités de Téhéran de « hautement fantaisistes ». La veille, le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, avait affirmé qu'elle était parfaitement innocente.

Clotilde Reiss est diplômée de Sciences-Po Lille depuis un an. Elle s'est déjà rendue l'an dernier dans le pays des mollahs pour faire des recherches dans le cadre de son master 2 sur le système éducatif en Iran. Cette fois, elle y est retournée seule, et sans point de chute, pour préparer une éventuelle thèse grâce à une bourse de l'Institut français de recherche en Iran. Elle séjourne depuis février dans le pays et parle bien le farsi, la langue locale. Elle était lectrice de français à l'université d'Ispahan. Selon son père, qui s'est exprimé hier pour la première fois, Clotilde « ne fait pas de politique. Sa motivation, c'est l'art, la culture, la connaissance de l'Iran. »

Elle se serait fait arrêter à l'aéroport de Téhéran, alors qu'elle s'apprêtait à rejoindre des amis à Beyrouth. « C'était une étudiante déterminée et passionnée. Excellente élève, elle a eu toutes ses années avec mention », a précisé hier Benoît Lengaigne, directeur des études de Sciences-Po Lille.

Seulement, elle aurait participé à des manifestations à Ispahan après la réélection contestée de Mahmoud Ahmadinejad, pris des photos et envoyé un mail à un ami à Téhéran. Ce qui lui vaut aujourd'hui d'être accusée d'espionnage par le régime, et incarcérée à la prison d'Evine, située dans le nord de la capitale iranienne, où de nombreux prisonniers politiques seraient détenus.

Le soutien à Clotilde s'organise, notamment sur Facebook. Mais ceux qui y prennent part craignent la médiatisation de l'affaire, qu'ils jugent contre-productive. Certains de ses camarades de classe, qui acceptent de s'exprimer sous couvert d'anonymat, décrivent la jeune femme comme une amoureuse de l'Iran, qui n'a jamais manifesté aucune hostilité au régime. W

Laure de Charette, avec Julien Ménielle et Olivier Aballain, à Lille
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